CVJ ENTR ACTES DES PROVERBES
A prciposito un chiotlo tli carra , ilisenl 'es Italiens, et que je tr.tduis ainsi , ù propos de lUiit, le lecUur ne sera pas lâché de connaître une liislorielle tirée de l'iiistoire de rÉtliiopie orientale, du R. P. Dos Santos , dominicain, et (jui est iinir|ue dans son espèce : « ^a:;nères, dans le royaume de Sofala , un quitiive ou roi , nouinic Sedanda , tomba malade de la lèpre. Croyant son mal incurable, ou (juau moins il le rendrait si diflorme aux veu\ de son peuple, (|u"on aurait peine à le reconnaître; et se persuadant que les rois et les princes ne doivent avoir aucun dcl'aut corporel , et que lorsqu'il leur en arrive, ils sont indignes de vivre el de gouverner, il r« solul de s empoisonner. Avant de prendre ce parti , il lit une loi de l'étal, qui déclarait incapable de régner tout prince à qui manquerait la plus minime partie de son individu. Après avoir fait ces singulières dispositions et nommé son successeur , cet original s élança , comme disent les Anglais, dans l'éternité. Celte coutume fut suivie pendant quelque lemps ; mais tout s'use. Il y eut un roi à qui il tomba une dent : pins avisé que ses prédécesseurs , qui , pour le moindre d(-laul corporel , se donnaient la mort , il fil savoir à tous ses sujets qu'il lui manquait une dent de devant, et que quand ils le verraient ils n'eussent point à le méconnaître; déclarant qu'il était ré-sobi de vivre et de régner le plus long-temps qu il pourrait , croyant vSa vie m'ccssaire au bien de ses sujets, et taxant bautemcnt d'imprudence et de folie ses prédécesseurs, qui s'«'taient fait moiu'ir pour des accidents arrivés à leurs personnes, el (juenlin il aurait assez de cbagrin sans cela quand la nature le contraindrait de rendre son d<'pot el de paver le Iribul à la mort : cl disant qu un roi sage ne devait pas se presseravaulle lemps qu'elle eût ordonné. En détruisant ainsi celle loi mortelle, il ordonna que ses successeurs, s ils ('laieni prudents , enlreliendraienl celle qu il établissait, puisquelle leur serait aussi avantageuse qu'elle lélait à luimême, ilnilant ses sujets de lui voir revenir une dent à la place de celle qui lui <'lait toiîibée , et leur faisant connaître le déplaisir qu'ils auraient eu de perdre un prince qui les ai-
DU TOME m. CVI]
malt, pour an défaut qu uu pou de tciups et de patience saurait bientôt réparer. »
Le seignear Jupiter sait dorer la pilltile.