SCÈNE III
TATONET, SAVONEAU.
TATONET.
Je pense que j'arrive bientôt à la place que j'envie depuis
long - temps, (il tâte avec son bâton. Il s'assied sur une pierre.) M'y Voilà .
Je ne crois pas que je la renfle aisément. Mais je n'entends rien : est-ce qu'il ne ferait pas jour? Ecoutons, l'heure sonne: deux, trois, quatre. Il n'est que quatre heures; je ne m'étonne pas, personne n'est levé; en ce cas-ià on ne me verra pas. J'ai envie de compter mon argent, et de le mettre, comme à l'ordinaire, dans la coifle de mon chapeau.
M. SAVONEAU.
Ah! ah! voyons un peu cela.
TATONET.
J'avais, hier au soir, cent bons louis d'or, (il compte.) Dix, vingt, hum, hum; les voilà bien tous. J'ai bien imaginé de les mettre dans mon chapeau, parce que si l'on fouille dans ma
poche, on n'y trouvera rien, (il met son chapeau sur sa tète.)
Et ce coquin-là demande l'aumône avec tout cet argent-là! Je veux au moins en avoir ma part; je ne lui ferai aucun tort, puisqu'il ne s'en sert pas.