SCENE PREMIERE
M. FESTONS, M. COLLICER , Dame MONIQUE.
DAME MONIQUE
Messieurs, donnez-vous la peine d'entrer et de vous asseoir.
M. FESTONS
Et pour quoi faire?
DAME MONIQUE
M. le chanoine de la Craie va leveuir.
M. COLLIGER
Mais il V a liuit jours que vous dilcs qu'il va arriver; nous venons ici tous les jours , et il n'arrive jamais.
DAME MONIQUE
Ail dame.' c'est qu'il a eu bien des affaires à ses vignes^ mais il est revenu.
' M. COLLIGER
Quoi , il est à Reims?
DAME MONIQUE
Oui, monsieur, et je lui ai dit que ces messieurs étaient venus le demander bien des lois. Il est allé voir un de ces MM. les chanoines , et il m'a recommandé de l'aller chercher, si par hasard ces messieurs revenaient : ainsi asscye;t-vous.
M. FESTONS
Eh bien , ne soyez donc pas long-temps.
DAME MONIQUE
Ah I c'est ici tout près , dans la rue pavée d'Andouilles (i). C est que M. le chanoine, chez qui est le nôli'e, a des vignes
(i) Rue de Reims.
dans le même canloii , «[iii lu- soni pys si bonnes tout-à-faît ; m»is \ft vin en est pourtant l>ii>Q bon.
M. COLLIGER
Allez donc.
DAMK MONIQUE.
Je von.s dis cela, parce que si vous aviez envie d'en acbeter, il y eu a encore à vendre, et r|uo !M. le chanoine vous en fer.Mt avoir , parce <|Ue c'est son aiui depuis long-temps.
M. FESTONS
Fort bien.
DAMF MONIQUE.
Il n'est pourtant pas aussi à^é , car il n'rLnit pas encore chanoine du temps du sacre de i ■jaa.
M. COLLIGER
C'est assez.
DAME MONIQUE
J'y étais moi à ce sacre, c'est-à-dire , à Reims. Eli ! mon Dieu , tenez , nous avions chez nous un l>eau monsieur qui y était loijé , qui me trouvait bien gentille. Ah dame! j'étais plus jeune que je ne suis. Mais c'est qu'on a tous les ans douze mois, comme vous savez. M. le chanoine vous contera tout cela , car il a plus de mémoire que moi.
M. FESTONS
Mais si vous n'allez pas le chercher, nous nous en allons.
DAME MONIQUE
J'en serais bien fâchée. ISe vous impatientez pas.