‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 4)Chapitre 78 sur 339 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

M-^^DE MORTILLIERE, M™« DE SOUSAY, L'ABBÉ.

M'ns DE MORTILLIERE.

Vous voyez, madame, comme il est nécessaire d'avoir des hommes quand ou voyage, pour parler à tons ces gens-là.

M""" DE SOUSAY.

Oui, mais l'Abbé m'a fait peur : il jure, que c'est affreux!

l'abbé.

Bon! vous ne voyez rien; quand j'ai pensé être cornette de dragons, je jurais bien mieux que cela.

LES VOYAGEURS. l6l

M™^ DE mORTILLlÉRE.

Mais, fi donc.

l'abbé.

Mon oncle avait un lieutenant dans sa compagnie, qui s'appelait Pinçon, qui m'en avait bien appris d'autres. Olil j'aurais été un l'ort bon militaire, si ou ne m'avait pas fait abbé. M™^ DE SOUSAY.

Je le crois, au moins, madame.

W^e DE MORTILLIÈRE.

Et moi aussi, je voudrais voir labbé Doriot eu dragon.

l'abbé.

Je vous en donnerai le plaisir, si vous voulez, quand nous serons à Sedan. J'ai encore l'babit qu'on un'avait fait faire.

M""* DE SOUSAY.

Je ne m'étonne pas s'il est si brave l'Abbé, il est cbarmantî il n'a peur de rien en vovagej il est tout-à-lait rassurant.

l'abbé.

La bravoure est une misère: quand on pense d'une certaine façon, l'étal ne fait rien.

Wrae DE MORTILLIÈBE,

Je ne crois pas celaj car j'ai vu un évéque qui avait peur des vacbesj s'il eût été colonel, siàremenl il n'en aurait pas eu de crainte.

M™« DE SOUSAY.

Enfin, nous sommes fort beureuses d'avoir l'Abbé avec nous.

M™« DE MORTILLIÈRE.

Il faut en avoir bien soin.

W™« DE SOUSAY.

Sans doute, et je pense qu'il s'est enroué en criant : si nous lui faisions faire un lait de poule?

M™^ DE MORTILLIÈRE.

Cela est très-bien pensé.

l'abbé.

Allons, mesdames, vous êtes trop bonnes.

lG2 LES VOYAGEUHS.

W"» DE SODSAY.

Non, non, l'Abbé, je le veux absolument, et je vais appeler quelqu'un.

M"'<= DE WORTIILIÈRE.

Oui, car il ne pourrait peut-être plus chanter. Ah! voilà la maîtresse.

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