‹ Proverbes dramatiques de CarmontelleChapitre 149 sur 255 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

M. DE BOURCLOS, M. CANON.

M. CANON, basàlamèreRougean.

Écoutez ce que je vais dire. (A M.deBourcios.) Eh, monsieur, je vous cherche partout .'

M. DE BOURCLOS.

Pourquoi?

M. CANON

Le remède que je vous ai donné a-t-il tempéré votre amour?

M. DE BOURCLOS.

Hclas, non! au contraire.

M. CANON

Vous n'avez pas été indififérent pour mademoiselle Agathe?

M. DE BOURCLOS.

Non, je Taime plus que jamais.

M. CANON

C'est singuher cela. Si vous aviez pu vous déterminer à Tëpouser, c'était le meilleur remède.

M. DE BOURCLOS.

Oui, mais vous savez tout ce qu on dirait de ce mariagelà....

M. CANON

Vous avez raison. Allons, le moyen que j'ai imaginé est sur pour vous guérir de votre amour.

Me guérir?

M. CANON

Ne le voulez-vous pas ?

M. DE BOURCLOS.

Mais il le fout bien 5 je suis désespéré!

AMOUREUX. 3l3

M. CANON, De quoi ?

M. DE BOURCLOS.

Ah!

M. CANON

Je vous dis que mon moyen est sûr.

M. DE BOURCLOS.

Quel est-il 7

M. CANON

J'ai déjà agi, et j'ai été assez heureux pour réussir.

M. DE BOURCLOS.

Quavez-vous fait?

M. CANON

Comme l'amour meurt dés qu'il n'a plus d'espoir, l'envie de vous servir m'a fait imaginer un expédient sûr, et je me suis sacritié pour vous ,

M. DE BOURCLOS.

Comment?

M. CANON

J'ai demandé mademoiselle Agathe eu mariage à sa mère.

M. DE BOURCLOS.

Pour vous?

M. CANON

Pour moi-même j elle me l'a accordée , et je l'épouserai tout de suite. Que dites-vous de cela ? Je crois que vous m'aurez quelque obligation. Vous ne répondez point?

M. DE BOURCLOS.

Et mademoiselle Agathe y a-t-elle consenti, monsieur Canon?

M. CANON

Elle n'en sait rien encore : mais c'est tout de même ^ sa mère me Ta promise.

M. DE BOURCLOS.

Et si elle n'y voulait pas consentir?

M. CANON

Ohî sa mère l'y forcerait bien.

3l4 I^E SEIGNEUR DU VILLAGE,

M. DE BOURCLOS.

Faites-la moi venir, la mère Rongeau.

M. CANON

Pourquoi faire?

Je veux lui parler.

M. CANON

Je vais vous l'envoyer . (A part.) Je crois crue nous le tenons.

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