SCENE IL
M^^ MIGNONETTE, M»e MARIANNE, M. D ESCABIOUS.
M. d'escabious.
Madame Mignonetle , je vous souhaite bien le bonjour.
nime MIGNONETTE.
Monsieur, je suis votre servante.
M. DESCABIOUS.
Toujours à travailler?
3ime MIGNONETTE.
Il le faut bien.
M. D'ESCABIOt|S.
Et cette belle enfant-là aussi? '
Mme MIGNONETTE.
Sans doute j il ne faut pas que la jeunesse soit paresseuse.
En VOUS imitant, cela n'arrivera pas. Est-ce de la broderie qu elle fait là , mademoiselle Marianne?
M"»^ MIGNONETTE
Non, c'est un mouchoir quelle ourle.
M. d'escabious.
Vous brodez bien , vous , madame Mignonette.
M™^ MIGNONETTE
Ah ! comme cela.
M. d'escabious.
Savez-vous que c'est mal fait de travailler toujours comme vous faites?
■^me MIGNONETTE.
Pourquoi donc?
M. d'escabious.
C'est que vous avez les yeux baissés , et qu'on ne les voit pas.
M™e MIGNONETTE.
Il n'y a pas grande perte.
M. d'escabious.
Sandis, madame, si Argus avait eu des yeux comme les vôtres , il n'aurait pas eu besoin d'en avoir cent.
■yime MIGNONETTE.
Ah , monsieur ! c'est bien honnête ; mais cent valent mieux que deux .
M. d'escabious.
Allons , allons , regardez-moi.
aiine MIGNONETTE.
Non, je ne le veux pas.
Bon ! (Il met la main sur l'ouvrage de madame Mignonette pour l'empêcher de travailler; elle baisse encore plus la têle, il regarde mademoiselle Marianne qui lui sourit, et il lui montre une lettre.)
M"^*' MIGNONETTE
Allons, finissez donc , monsieur, et laissez-moi travailler.