‹ Proverbes dramatiques de CarmontelleChapitre 155 sur 255 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

M^^ MIGNONETTE, M»e MARIANNE, M. D ESCABIOUS.

M. d'escabious.

Madame Mignonetle , je vous souhaite bien le bonjour.

nime MIGNONETTE.

Monsieur, je suis votre servante.

M. DESCABIOUS.

Toujours à travailler?

3ime MIGNONETTE.

Il le faut bien.

M. D'ESCABIOt|S.

Et cette belle enfant-là aussi? '

Mme MIGNONETTE.

Sans doute j il ne faut pas que la jeunesse soit paresseuse.

En VOUS imitant, cela n'arrivera pas. Est-ce de la broderie qu elle fait là , mademoiselle Marianne?

M"»^ MIGNONETTE

Non, c'est un mouchoir quelle ourle.

M. d'escabious.

Vous brodez bien , vous , madame Mignonette.

M™^ MIGNONETTE

Ah ! comme cela.

M. d'escabious.

Savez-vous que c'est mal fait de travailler toujours comme vous faites?

■^me MIGNONETTE.

Pourquoi donc?

M. d'escabious.

C'est que vous avez les yeux baissés , et qu'on ne les voit pas.

M™e MIGNONETTE.

Il n'y a pas grande perte.

M. d'escabious.

Sandis, madame, si Argus avait eu des yeux comme les vôtres , il n'aurait pas eu besoin d'en avoir cent.

■yime MIGNONETTE.

Ah , monsieur ! c'est bien honnête ; mais cent valent mieux que deux .

M. d'escabious.

Allons , allons , regardez-moi.

aiine MIGNONETTE.

Non, je ne le veux pas.

Bon ! (Il met la main sur l'ouvrage de madame Mignonette pour l'empêcher de travailler; elle baisse encore plus la têle, il regarde mademoiselle Marianne qui lui sourit, et il lui montre une lettre.)

M"^*' MIGNONETTE

Allons, finissez donc , monsieur, et laissez-moi travailler.

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