SCENE III
M^<^ MIGNOMETTE, M"« MARIANNE, M. D ESCABIOUS, M. DE SAINT-DAMASE.
M. DE SAINT-DAMASE
Ah î te voilà ici d'Escabious ! Je te cherche partout.
M. d'escabious.
Ah î Saint-Damase , j'ai été chez toi ce matin.
M. de saint-damase.
Veax-tu venir à la Comédie itaiienae?
M. d'escabious.
Non , je ne peux pas , j'ai affaire.
M. DE SAINT-DAMàSE.
Ou est-ce que c'est 7
M. d'escabious.
Je ne peux pas le dire.
M. de saint-damase.
Je parie que je devine ton aflfaire ?
M. d'escabious.
Je parie que non.
Je te dis que je sais ce que c'est. Tiens , viens ici. (ils vont
s'asseoir auprès d'une table.)
M. d'escabious.
Eh bien , qu est-ce que tu crois?
M. DE SAINT-DAMASE
Que tu es amoureux,
M. d'escabious.
De qui ?
M. DE SAINT-DAMASE
De madame Mignonelte.
M. d'escabious.
Si c'esl là ce que tu as deviné
M. DE SAINT-DARIASE.
Eh bien , c'est donc de sa fille ; car ta passes toutes tes journées ici.
M. d'escabious.
Paix donc.
M. DE SAINT-DAMASE
Ah î je savais bien.
M. d'escabious.
Oui , Marianne me tourne la tête , cela est vrai.
M. DE SAINT-DAMASE
Et le sait-elle?
Je crois qu'elle s'en doute , car elle me regarde à la dérobée , lorsque sa mère a la tète baissée j et lorsque tu es arrivé
M. DE SAINT-DAMASE
Eh bien?
M. d'escabious.
Elle me regardait d'une façon
M. DE SAINT-DAMASE
Est-ce que tu ne lui as jamais parlé?
M. DESCABIOUS.
Sa mère ne la quitte pas.
M. DE SAINT-DAMASE
Tu es bien avancé !
M. d'escabious.
Je la vois , et je n'ai jamais eu de ma vie un plus grand plaisir.
M. DE SAINT-DAMASE
Mais , que comptes-tu faire ?
M. d'escabious.
J'ai écrit une lettre , ne pouvant pas lui parler , et je cherche depuis plusieurs jours le moyen de la lui donner.
Mais ii faut qu'elle veuille la prendre.
M. d'escabious.
Je la lui ai montrée , et loin d'avoir eu l'air Caché , elle a souri.
M. DE SAINT-DAMASE
C'est bon cela.
M. d'escabious.
Il ne faut plus qu'un moyen, te dls-je.
M. de SAINT-DAMASE.
Oh, que diable! tu le trouveras. Allons, viens à ia comédie , voir le Déserteur.
M. d'escabious.
Non, je voudrais tâcher aujourd'hui
M. de saint-damase.
Aujourd'hui ou demain , cela est égal.
M. d'escabious.
Non pas.
M. DE saint-damase.
Il faut flatter la mère.
M. d'escabious.
C'est ce que je fais toute la journée.
Bi. de saint-damase.
Et par derrière elle Parbleu, je ne t'ai jamais vu si
nigaud.
M. d'escabious.
J'en conviens. Je rêve si je ne pourrais pas Écoutemoi un peu. [ Ils parlent ba«.)