‹ Proverbes dramatiques de CarmontelleChapitre 209 sur 255 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

M-^^DE COURVILLERS, ]VF« DE COURVILLERS.

M^le DE COURVILLERS , avant de paraître.

Me voilà, maman.

Mme DE COURVILLERS.

Venez ici , ma fille. (Mademoiselle de Courviilers baise la main de sa

mère.) Asscyez-vous là. Vous ne retournerez plus au couvent -, vous allez vivre à présent avec nous.

m"« de COURVILLERS.

c'est tout ce que je désire.

lVI™e de COURVILLERS.

Je craignais que vous ne regrettassiez le couvent j et j'en aurais été fâchée , parce que vous êtes destinée à vivre dans le monde.

M^^e DE COURVILLERS.

Pourvu que je reste toujours avec vous, ma chère maman, je serai contente. *

M^ne DE COURVILLERS.

Oui y mais il faut vous former un établissement, et c'est à quoi nous pensons.

pensoi

M^l^DE COURVILLERS.

Il me semble que je suis encore bien jeune.

Ojmc DE COURVILLERS.

Sûrement vous êtes jeune ; mais on ne peut pas toujours rester fille. Les gens du monde sont faits pour vivre en société , il en faut une sûre ; c'est ce qu'on peut espérer dans un mariage convenabie, et c'est le choix que nous avons fait qui nous décide aussi promptement.

M"e DE COURVILLERS.

Quoi , maman

LE SOT AMI. q6S

M"ie j^E COURVILLERS.

Oui , dans peu vous nous remercierez de tous avoir donné le mari que nous vous destinons.

M^'e DE COURVILLERS.

Ne me suffirait-il pas, pour être heureuse, de passer ma vie avec vous? Ah , ma chère maman.'....

M™« DE COURVILLERS.

Allons, vous êtes un enfant. Ayez confiance en nous, et croyez que c'est l'espoir de faire votre bonheur qui nqus fait agir. Il n'y a point de quoi s'affliger, ma chère fille. Si nous voulions vous éloigner de nous , vous pourriez en être effrayée: mais songez donc que le mariage va vous rendre ma compagne ; que l'autorité de mère disparaîtra entièrement , pour ne vous laisser voir que l'amitié la plus tendre. Croyez- vous que vous y perdrez?

Non , ma chère maman , mais. . . .

M™« DE COURVILLERS.

Quand vous aurez un peu réfléchi à ce que je viens de dire , vous verrez que vous ne devez pas vous plaindre de nous: pensez à tout cela. Je vais retrouver votre père, et je compte que quand je vous reverrai , vous aurez calmé toutes vos inquiétudes. Adieu, ma fille. (Elle l'embrasse.)

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