SCENE V
m™<^denerée, le chevalier, M'ne babas.
M. DENERÉE.
Eh bien, mon oncle, comment vous trouvez-TOUs?
M. DESPREUILS.
Mais assez bien. Je ne croyais pas qu'on mourût comme cela , sans sentir ni mal , ni douleur.
M. DENERÉE.
Mais vous n'êtes pas mort....
M. DESPREUILS.
Je ne suis pas mort? qui vous a dit cela?
^me DENERÉE.
Non, assurément, vous ne Tètes point: rappelez votre raison
M. DESPREUILS.
Comment ma raison? est-ce cjue les morts sont des fous? croyez-vous qu'ils aient envie de rire? Laissez -moi tranquille; voilà l'état où je dois être , je le sais mieux que vous.
M™« DENERÉE.
Mais , mon oncle , croyez-nous donc.
M. DESPREUILS.
Ah çà , voulez-vous me faire mettre en colère, afin que les morts se moquent de moi? car je serais , je crois , le seul mort en colère.
M"« BABAS
Moi , je ne lui veux rien dire : s'il voulait manger, cela serait différent.
M. DESPREUILS.
Mais je vous dis que dans notre monde on ne mange pas.
M°»« BABAS
Eh bien , soyez du nôtre 5 il vaut mieux être un bon vivant qu'un triste mort.
M™« DENERÉE.
Ah î voilà le Brun.
53o LA DIÈTE.