SCENE VI
M'"«DENERÉE, M. DESPREUILS , M. SOBRIN, M»"» BABAS, LEBRUN, LE CHEVALIER.
LE CHEVALIER
Eh bien , le docteur vient-in
LE BRUN
Vous allez le voir j il me suit : le voilà qui entre.
TVjme DENERÉE , allant au devant de lui.
Monsieur le docteur, que dites-vous de l'état de mon oncle?
M. SOBRIN
Toia~à-rheure, madame, tont-à-rheare. (iiuteio pouls de M.
Despreuils.)
Mme BABAS.
Monsieur, depws le malin il se croit mort.
M. SOBRIN
Bon.
M»n« BABAS.
Songez donc qu'il n'a pas mangé depuis huit jours.
M. SOBRIN
Bon.
M™« BABAS
Toute la nuit il a été très-agité.
M. SOBRIN
Bon.
Mme BABAS.
Et, quelque chose que nous lui ayons dit, il n'a pas voulu ouvrir les yeux.
M. SOBRIxN'.
Bon.
Mnie BABAS.
Comment, bon, bon, bon; mais s'il continue, nous ne saurons qu'en faire.
LA DIÈTE. 53l
M. SOBRIN
Fort bien : je sais à préseul la cause du mal, el je le guérirai.
»!'"<' BABAS
Vous ne le guérirez pas, si vous ne trouvez le moyen de le résoudre à manger.
M. SOBRIN
Au contraire. Écoulez-moi.
M™» BABAS
Mais, monsieur, quand il n'y a plus dTjuiledans la lampe, premièrement et d'un, il faul bien qu elle s'éteigne^ on ne vit pas de Tair du temps, el voire diète....
M™" DENERÉE,
Écoutez M. le docteur ^ et vous, madame Babas....
m^^ BABAS.
Ab! mon dieu, qu'il parle tant qu'il voudra; mais ce n'est pas avec des paroles qu'on guérit un malade. J'ai parlé à mon mari jusqu'au dernier moment, el cela ne Ta pas empêché de mourir, le pauvre défunt !
M"» DENERÉE.
Finissez donc.
M™« BABAS
Allons, je mÈ tais^ mais....
M. SOBRIN, à madame Denerée.
Madame, le mal de M. votre oncle est dans le sang, c'est-àdire, que la fermentation a causé une fièvre qui tourne à la malignité, et que, sans perdre un instant, il faut le saigner trois fois, d'heure en heure.
M™« BABAS
Ce n'est pas mon avis à moi, madame; c'est M. votre oiicle^ mais c'est mon maître.
Qu'est-ce que dit le docteur, madame Babas?
M™e BABAS.
Il dit qu'il veut vous faire saigner trois fois; n'y consentez 'pas, mon cher maître.
53a LA. DIETE.
M. DESPREUILS.
Je ne crois pas qu'il s'en ayise.
M. SOBRIN
Mais, monsieur Despreuils....
M. DESPREUILS.
Non, monsieur; vous m'avez tué, contentez-vous de cela. On peut bien ouvrir un mortj mais ou ne le saigne pas, et je TOUS empêcherai bien de me poursuivre au delà du tombeau.
M™e BABAS.
Et moi aussi, je vous assure.
]VI™e DENERÉE.
Madame Babas, je vous prie d^ ne pas vous opposer aux secours qu'il est à propos de donner à mon oncle.
U^* BABAS
Mais madame....
M°' DENERÉE.
Taisez-vous.
M"» BABAS, à part.
Si je ne parle pas, je n'en penserai pas moins.
LE CHEVALIER, bas.
Docteur, comment ferez-vous? Ils ne le laisseront jamais saigner.
M. SOBRIN
Je sens bien que madame Babas s'y opposera, et que le malade sera fort difficile à saigner de force j ainsi il faut prendre un autre parti.
LE CHEVALIER
Voyons.
M. SOBRIN
Avez-vous quelqu'un sur qui vous puissiez compter ici ?
M™'= DENERÉE.
Oui, il y a le Brun, qui est au Chevalier.
M. SOBRIN
Eh bien, je vais vous envoyer un températif, qu'il lui fera
prendre, sans que madame Babas le sacbe, et cela arrêtera les progrès de la fièvre; vous en pouvez être sûrs.
M™« DENERÉE.
Allons, envoyez-le promplement.
M. SOBRIN
»Je vous rapporterai moi-même, et, quelque temps après, je viendrai voir l'effet du remède.
MP^ DENERÉE.
Allez, ne tardez pas.
LE CHEVALIER, à madame Demrée.
Je vais conduire le docteur.
Mme DENERÉE.
J'y vais aussi; je veux savoir ce qu'il pense réellement <îe l'état de mon oncle.