LA COMTESSE, LE VICOMTE, LEGRIS
LEGRIS, annonçant.
M. le Vicomte des Bornes.
Pourquoi l'a- 1- on laissé entrer? Dites que le Chevalier de Sourville doit venir.
LEGRIS
Oui, madame,
LE VICOMTE
Madame la Comtesse veut bien que j'aie l'honneur de lui présenter mon respect.
LA COMTESSE
Asseyez-vous donc... Vous me paraissez en bonne santé.
yO L IMPORTUN.
LE VICOMTE
Oui, madame, assez, comme cela 5 c'est-à-dire, toujours goutteux, tantôt bien, tantôt mal.
LA COMTESSE
El la Vicomtesse?
LE VTCOMTE.
Mais comme à son ordinaire, pas mal^ c'est-à-dire pourtant avec ses vapeurs.
LA COMTESSE
La campagne ne Ta pas guérie?
LE VICOMTE
Pardonnez-moi, tout Tété elle n'en a pas eu; c'est-à-dire, jusqu'à la Saint-Jean, qu elles lui sont revenues.
C'est un triste état que celui-là.
LE VICOMTE
Oh! on ne peut pas plus triste; c'est-à-dire, quand je dis triste, c'est quand on est seul-, car quand on a du monde, et puis moi surtout qui cherche à l'égayer, cela suspend sa douleur j et ce qui me le prouvait, c'est qu'elle s'endormait l'aprèsdînée presque toujours.
LA COMTESSE
Comment avez-vous pu la quitter?
LE VICOMTE
Ce sont les affaires qui m'ont appelé ici; et rien ne cède à cela, comme vous savez. Cependant, quand je dis les affaires, c'est-à-dire que je n'en ai point; car je n'ai rien à demander, aucun procès à solliciter. J'ai un revenu fixe qui ne peut s'accroître ni diminuer j mais il faut se mettre au courant de Paris. On se rouille dans la province. Quand je dis, on se rouille, c'est-à-dire qu'on ne se rouille pas, quand on a toujours vécu avec des gens comme soi, ou d'autres, cela est égal.
LA COMTESSE, hâillant.
Ce que vous dites là est bien vrai.
1,'lMPORTUN. yi
LE VICOMTE
Quand on est amusant, on a toujours des ressources. Quand je dis des ressources, c'est-à-dire que hors Paris il nV en a guère; mais nous savons nous en faire, et c'est là-dessus que je voulais vous demander des conseils, et comme vous faites quand vous êtes à votre terre de Clérancj.