‹ Proverbes dramatiques de Théodore LeclercqChapitre 100 sur 382 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

CHRISTINE, FIRMIN, mademoiselle DUNOYER, un peu

en arrière.

CHRISTINE (à demi-voix). Ah! Firmin , vous me faites bien de la peine.

FIRMIN. En quoi donc , ma chère Christine ?

• Je n'ai pas l'habitude de mettre des notes à mes proverbes. J'aurais volontiers retranché celui-ci de ma collection par la difficulté que j'ai trouvée moi-même à remonter vers les idées dans lesquelles il a été écrit. C'était bien peu de temps avant les journées de juillet.- et si tout le inonde avait alors le pressentiment d'une

CHRISTINE. En ce que vous dites trop vile ce que vous pensez.

FIRMIN. Je vous assure que c'est plus fort que moi. Mon Dieu ! j'en suis quelquefois bien fâché après.

CHRISTINE. Par exemple, à déjeuner, pourquoi avez-vous été parler des préfets? Est-ce que les préfets vous regardent? Ils sont assez à plaindre! Mettez-vous à leur place. Les ordres qu'on leur donne ne leur conviennent peut-être pas plus qu'à vous; mais il faut vivre.

MADEMOISELLE DUNOYER. Vous n'eulrez pas à l'église, mademoiselle ?

CHRISTINE. La messe ne doit pas être encore commencée, mademoiselle Dunoyer. D'ailleurs nous attendons ma tante.

FIRMIN (à Christine). Est-ce que vous croyez que votre oncle tient beaucoup aux préfets?

CHRISTINE. Je ne sais plus ce qu'il pense. Depuis que les députés qu'il avait tant contribué à faire nommer comme royalistes par excellence se sont tournés contre un ministère qu'ils trouvent trop royaliste, mon oncle me paraît déconcerté. Ce qui me frappe le plus, c'est l'embarras qu'il éprouve pour parler avec ma tante qui va toujours sur ses premiers errements, sans même se douter combien elle le contrarie.

FIRMIN. Malheureusement, il n'y a pas que dans votre famille qu'on ne s'entend plus. Pour moi, sans votre tante et ce petit curé qui me font perdre patience, je crois que je pourrais me taire. Ils s'imaginent me faire beaucoup de chagrin en m'appelant libéral; lisseraient bien heureux si on pouvait leur donner un nom. Qu'est-ce qu'ils sont?

CHRISTINE. Ils sont fous , j'en conviens.

FIRMIN. Votre tante est folle, mais le curé sait bien où il va.

CHRISTINE. Vous VOUS imaginez cela. C'est le fils d'un de nos fermiers, un petit paresseux que mon oncle s'est amusé à

catastrophe prochaine, personne n'avait la prévoyance de ses résultats. Le caractère distinctif de tout moment qui précède une révolution, est l'impossibilité qu'éprouve la société à se comprendre. Le Comité directeur peut rappeler cette situation, et c'est ce qui m'a décidé à le conserver.

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