‹ Proverbes dramatiques de Théodore LeclercqChapitre 12 sur 382 · MADAME CARRÉ, MADAME DE CRKDICOURT, MADAME · texte numérisé non relu

MADAME CARRÉ, MADAME DE CRKDICOURT, MADAME

DLBREUIL, M. DE BRETIGNAC, A ICTORINE.

MADAME DUBREUiL. Maman, je vous présente monsieur le comte de Bretignac.

(Madame Carré et M. de Bretignac se saluent.)

MADAME CARRÉ (à madame Dubreuil). Ma bonne amie, que fait monsieur du Rosnay?

MADAME DUBREUIL. Il cause avec différentes personnes, maman.

MADAME CARRÉ. Il causo ; ah ! tant mieux.

MADAME DE CRÉDicouRT. Monsieur le comte, ne m'avezvous pas dit que vous aviez rencontré ces jours derniers quelqu'un qui vous avait parlé de madame Carré?

M. DE BRETIGNAC. C'est madame la marquise de Valigny.

MADAME CARRÉ. .Je suis très-reconnaissante de son souvenir. C'est une des personnes à qui mon mari aimait le mieux avoir affaire. A-t-ellc toujours ses beaux bois du Morvan?

M. DE BRETIGNAC. Je ne pourrais pas vous le dire, madame.

MADAME CARRÉ. Pendant vingt ans, monsieur Carré en a acheté presque toutes les coupes.

MADAME DUBREUIL (riaut d'un air contraint). Vous saurez, monsieur de Bretignac, que maman est très-lière d'avoir été marchande de bois.

MADAME CARRÉ. Il faut bien être fier de quelque chose. D'ailleurs, ma fdle, entre madame de Valigny et nous, c'était elle qui était la marchande.

M. DE BRETIGNAC. Madame a raison. Le commerce des bois doit être...

MADAME CARRÉ. Eort désagréable, monsieiir, surtout dans les commencements, (juand on veut tout voir par soi-mènio et qu'on reste depuis huit heures du matin jusqu'à la chute du jour...

MADAME DUBREUIL. Maman, ce sont des détails...

M. DE BRETIGNAC. Qui sont très-intéressants pour moi, je vous assure.

MADAJiE CARRÉ. NoD, ce n'est pas fort intéressant; mais, quand on ne se connaît pas, c'est une conversation comme une autre.

MADAME DUBREUIL. Maman, monsieur le comte m'a priée de vous demander pour lui la permission de vous rendre une visite.

MADAJiE CARRÉ (avec embarras). Monsieur, assurément

Est-ce que monsieur du Rosnay ne viendra pas par ici, madame Dubreuil?

MADAME DUBREUIL (bas à sa mère). Maman, vous n'avez pas besoin de monsieur du Rosnay pour répondre à monsieur le comte.

MADAME CARRÉ. Madame de Valigny doit avoir une fille mariée , ce me semble, une demoiselle Clara ? A-t-elle fait un bon mariage?

M. DE BRETIGNAC. Vous avez uue mémoire excellente, madame. Quoique fort riche, elle a épousé un homme sans fortune.

MADAME CARRÉ. C'ost extraordinaire. Madame de Valigny est pourtant une personne raisonnable.

(Madame Dubreuil tire madame Carré par sa robe d'un côté, Victorine la tire de l'autre.)

MADAME DE CRÉDicouRT. Et c'est parce qu'elle est raisonnable qu'elle n'a pas voulu faire le malheur de sa fille, qui aimait beaucoup le jeune homme qu'elle a épousé.

MADAME CARRÉ. Il faut quô je parle à Victorine.

(Elle attire Victorine à un coin du théâtre.)

MADAME DUBREUIL (bas à M. de Bretignac). Maman n'y entend pas plus de finesse, il faut vous y accoutumer.

MADAME CARRÉ (à Victorine). Tu me fais faire le plus sot métier du monde. Je ne veux pasm'engager que tu ne m'aies dit ton dernier mot. Qu'en penses-tu ?

VICTORINE. Dame! maman, ne vous paraît-il pas aimable?

MADAME CARRÉ- Il faudrait qu'il fût bien maladroit pour

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