SCÈNE I
M. VERMONT. Je me rappelle que vous m'avez dit cela plusieurs fois.
.M.iDA-ME VERMONT. Il ne VOUS manque plus que de divulguer que j'ai été comédienne.
M. VER.MONT. Je vousjure que je n'en ai jamais soufflé le mot.
MADAME VERMONT. Ah! si mes parents revenaient au monde, qu'ils seraient étonnés de me voir ce que je suis !
M. VERMONT. Ils VOUS verraient la femme d'un honnête homme qui ne vous contrarie en rien, et qui vous fait jouir de quinze mille livres de rentes.
MADAME VERMONT. Je ne m'en prends pas à vous, mais à la bizarrerie de mon étoile. Avec monsieur Beaunoir , quelles sont les autres personnes qui composent votre tribunal?
M. VERMONT. Le digne monsieur Taupin.
MADAME VERMONT. Vous pourriez dire le sot monsieur Taupin. Ne me demandait-il pas hier si un tribunal de famille n'était pas, comme une commission militaire , quelque chose de paternel! Et ensuite?
M. VERMONT. Les dames Durand etLedoux. Elles sont tantes de M. Lori, il m'a bien fallu les inviter.
MADAME VERMONT. En bonue conscience, monsieur, croyezvous que cela ressemblera à quelque chose? A l'exception de nous deux , je ne vois que des commères et des imbéciles pour juger un mauvais sujet et une coquette. Qu'adviendrat-il de là? que votre prétendu tribunal renverra les deux époux comme il sont venus, ou qu'il les séparera. S'il les sépare, que ferez-vous de votre fille? La recevrez-vous ici? Je vous déclare que je ne le soufl'rirai pas; arrangez-vous. Voici sans doute quelqu'un de vos juges, je vous laisse. Vous me ferez avertir quand il sera temps que je vienne.
(Elle sort.)
M. VERMONT (seul). Madame Vermont est insupportable pour sa manière de voir les choses. Je donnerais toute cette affaire au diable maintenant. Qu'il est difficile et quelquefois ennuyeux d'être père! On ferait mieux de se tenir tranquille.