SCÈNE IL
M. VERMONT, madame DLRAND, madame LEDOUX.
MADAME DURAND. BonjouF, inoiisieur Yermont. C'est un miracle an moins que de nous voir chez vous. Il y a bien trois ans que cela ne nous est arrivé.
MADAME LEDOUX Ma sœup, il ne faut pas faire de reproches à monsieur ; nous savons bien que ce n'est pas sa faute.
MADAME DURAND. Est-ce que co u'est pas le mari qui doil être le maître dans une maison ?
MADAME LEDOUX. Oui; mais ce n'est pas comme cela ici.
MADAME DURAND. C'est là le mal.
MADAME LEDOUX. MonsieuF Vemiont a toujours été trèspoli avec nous.
MADAME DURAND. Et sa femme aussi, n'est-ce pas?
MADAME LEDOUX. Sa femme cst Sujette aux vapeurs; elle prétendait que nous lui donnions des redoublements. Il faut être indulgente pour les malades.
MADAME DURAND. Elle avait, ma foi, une voix de trèsbonne santé quand nous l'avons entendue dire à son domestique : « Je ne veux jamais y être pour ces femmes-là. w
M. VERMONT. Madame Yermont ne peut pas avoir dit cela.
MADAME LEDOUX. Si, bUb l'a dit.
MADAME DURAND. Au resto, elle n'a fait que nous prévenir.
MADAME LEDOUX. Brisous là, ma sœur. Monsieur Yermont a la tète assez bourrelée pour que nous ne cherchions pas à lui donner de nouveaux chagrins. Il pourrait croire que nous ne ressentons pas ses peines; et personne assurément n'y a été plus sensible que nous. Qui aurait pensé que celte petite Adèle, que nous avions vue naître, tournerait un jour comme elle a tourné?
MADAME DURAND. Ce qui arrivB dans ce moment-ci n'est pas fort gai pour vous au moins, monsieur Yermont. A qui