SCÈNE VIL
MADAME LORI, seule, ensuite M. LORI.
MADAME LORI. Il est gentil, ce petit Benjamin; mais il est d'une jeunesse ! Il a beau dire, les grands parents lui font encore de l'effet. Il voulait être mon avocat. Ah ! mon Dieu, quel avocat! Où sont donc fourrés mes juges? On aura résolu de ne paraître que tous ensemble, afin de produire un plus grand etîet. Ce sont de ces combinaisons profondes qu'ils doivent croire infaillibles. (A M. Lori qui entre.) Comment, monsieur, vous n'arrivez qu'à présent? 11 est assez singulier que ce soit l'accusée qui montre le plus d'exactitude,
M. LORI. Pourquoi donc êtes-vous si parée?
MADAJiE LORI. Comme il est possible que je dîne en ville aujourd'hui, j'ai voulu m'épargner la peine de m'habiller deux fois.
M. LORI. Où dînez- vous donc?
MADAME LORI. C'est iDou sccret. Si le tribunal ne prononce pas notre séparation, je dînerai avec vous; s'il nous sépare, je dînerai en ville. De toutes façons, vous voyez que je n'ai pas de confidence à vous faire.
M. LORI. Il nous séparera.
MADAME LORI. Eh bien ! je dînerai en ville.
M. LORI. Et il vous condamnera au couvent.
MADAME LORI. Je demanderai un sursis jusqu'à demain.