‹ Proverbes dramatiques de Théodore LeclercqChapitre 195 sur 382 · IV · texte numérisé non relu

IV

MADAML DEMBRUN. Laissez-rooi donc m'instruire. Vous voudriez qu'il n'y eût que vous de savant.

M. FLAMET. Si nous voulons arriver à Chàteaudun avant la nuit....

MADAME DEMBRUN. Que VOUS êtes tourmentant avec voire Chàteaudun! Il semblerait que nous voyageons par ordre supérieur, et que nos couchées nous sont imposées. Je suis de bonne humeur aujourd'hui, ainsi je ne veux pas qu'on me contrarie. Je reviens aux rouliers.

M. FL.\.AiET (à part). Ah '.Seigneur Dieu! MADAME DEMBRUN (en souriant). Je ne suis pasfâchéede vous taquiner un peu. (A la limonadière.) Avouez, madame, que dans le café que vous leur donnez il entre bien quelque petite dose de chicorée.

LA LIMONADIÈRE. De la chicorée, madame ! je ne sais seulement pas ce que c'est. Ce sont des inventions de Paris que cela.

MADAME DEMBRUN (bas à M. Flamet). Elle est vraiment singulière, cette femme-là; on ne peut rien lui dire. (Haut à la limonadière.) Mais c'est fort sain, je vous assure. C'est étonnant la quantité de personnes comme il faut qui en prennent et qui s'en trouvent irès-bien.

M. FLAMET (d'un ton suppliant). Madame Dembrun! madame Dembrun !

MADAME DEMBRUN (sans l'écouter). Pour des rouliers qui boivent beaucoup, et qui en général ont le sang échaufle...

LA LIMONADIÈRE. Les roulicrs, les rouliers ne boivent pas plus que d'autres, madame.

M. FLAMET (à la limonadière). Madame, faites-moi le plaisir, je vous prie, de vous occuper du déjeuner.

MADAME DEMRRLTs'. De quoi VOUS mêlez-vous? J'ai mon café, un café particulier qu'on prépare tout exprès pour moi chez Piébot; c'est le seul dont je sois sûre. Suzanne a un filtre dans son sac, elle va le faire elle-même; ainsi madame n'a absolument qu'à lui indiquer où elle trouvera ce qui lui est nécessaire.

LA LIMONADIÈRE. Il y a sepl ans que je tiens cet établisse-

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