IV
MADAME DLTUis. Savez-vous que vous devenez tout à fait politique?
ARTHL'R. On y est bien forcé ; le cours de la rente est subordonné à tout cela. Dites-moi donc pourquoi vous mettez ces boucles d'oreilles dès le matin?
MADAME DUPUis. Que VOUS êles enfant 1 Vous ne voyez pas que ce sont des diamants que j'ai fait remonter et que j'essaie. Comme je vais ce soir à la cour...
ARTHUR. Vous y êtes bien assidue, ce me semble.
MADAME DLTUIS. Beaucoup nioins que vous dans certaine maison.
ARTHUR. Quelle certaine maison?
MADAME DUPUIS. J'éclaircirai cela ; prenez-y garde.
ARTHUR. Je n'ai rien à craindre ; vous pouvez prendre toutes les informations que vous voudrez.
MADAME DUPUIS. S'il y avait encore un peu de hausse aujourd'hui, me conseilleriez-vous de vendre?
ARTHUR. Attendez.
MADAME DLTUIS. J'ai quelquefois peur. Mon mari n'aurait qu'à découvrir que j'ai des économies et que je les place à son insu 1
ARTHUR. Il ne peut pas s'en douter ; ce n'est pas sous votre nom.
MADAME DUPUIS. Venez donc ce soir au Palais-Royal.
ARTHUR. Je tâcherai.
MADAME DLTUIS (le forçant à se tourner de côté). Il s'en irait pourtant sans avoir regardé ma robe !
ARTHUR. Elle est d'un goût parfait.
MADAME DUPUIS. Je me ruine; mais que voulez-vous? Il n'y a que nous pour donner de l'éclat à tout ceci; il faut bien s'exécuter.
ARTHUR. C'est très-politique.
MADAME DUPUIS. A soixante-quinze centimes de hausse, vous croyez que je ne ferai pas bien de vendre ?
ARTHUR. Il n'y a pas de nouveaux bruits de guerre; pourquoi vous presseriez-vous ?
MADAME DUPUIS. Comme vous voudrez. Mais, je vous en prie, Arthur, venez ce soir.