SCÈNE III
GEORGETTE (soupiraiil). C'esi égal, monsieur : les choses qui fonl le plus de plaisir, quand on sent qu'on a lort de les faire, c'est toujours un grand tourment.
LIONEL. Vous avez tous les deux des idées singulières, il faut l'avouer. Vous voyez des ogres partout. (Il cherche dans ses poches et en tire plusieurs papiers.) Je voudrais retrouver une chanson qu'ils chantaient hier; vous verriez combien ces ogres-là sont apprivoisés. Elle est toute d'opposition et de
la méchanceté la plus bouffonne Ah 1 voici une lettre que
ton portier m'avait chargé de te donner.
JULES (prenant la lettre). C'est de mon oncle.
LIONEL. Sans ma chanson, je l'aurais oubliée.
JULES (parcourant la lettre). Lionel, laisse-nous; j'ai à lui parler. Va-t'en, va-t'en.
LIONEL. Écoute, au moins....
JULES (continuant de lire). De grâce, laisse-moi, c'est épouvantable!
LIONEL. Qu'est-ce qui est épouvantable?
JULES. De chanter des chansons contre des gens qui nous paient, et de rester ici quand tu vois que cela me contrarie.
LIONEL. Ne te fâche pas, ne le fâche pas; je m'en vais. Mademoiselle Georgelte, j'ai l'honneur de vous saluer.
(tl sort.)