‹ Proverbes dramatiques de Théodore LeclercqChapitre 263 sur 382 · MADAME DE GENNETINES, LE GÉNÉRAL, FERNAND · texte numérisé non relu

MADAME DE GENNETINES, LE GÉNÉRAL, FERNAND

LE GÉNÉRAL. Madame la marquise, je n'ai voulu paraître devant vous que sous les auspices de mon fils, pour lequel je sais que vous avez infiniment de bontés.

MADAME DE GENNETINES. Je ne fais que lui rendre justice, général ; mais si je me fusse attendue à une visite d'apparat comme celle-ci, je ne me serais pas permis de vous recevoir dans un aussi grand négligé.

LE GÉNÉRAL. Le fait est, madame la marquise, que, depuis la mort de ma femme, pour éviter de me mettre en noir comme un notaire ou un avocat, je ne quitte plus le harnais militaire.

MADAME DE GENNETINES. Je SUIS pi US rigoureuse que vous. Dans mes deux veuvages, il ne m'est pas venu un seul instant l'idée de transiger avec la sévérité de mon costume. Il faut dire que je suis blonde, et que le grand deuil est le fard des blondes.

LE GÉNÉRAL. C'cst tout différent.

FERNAND. Vous savez, mon père, que j'ai une répétition ce matin pour le concert de lundi.

LE GÉNÉRAL. Allez, allez, mon fils. Comme c'est en l'honneur de madame la marquise que ce concert doit se donner, je me garderais bien d'y mettre des entraves.

FERNAND (à part en s'en allant). Us pourront parler deuil tout à leur aise.

Page 1