‹ Proverbes dramatiques de Théodore LeclercqChapitre 297 sur 382 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

d'une trop bonne santé, mais sans que cela lui fît autrement de peine. Elle est si innocente qu'elle ne sait pas la conséquence des choses.

PROSPER. A cause de cela, elle ne voudrait donc pas d'un mari substitut?

M. BULARD. Je vous en demande bien pardon, monsieur Prosper; mais cela ne nous paraît pas un état naturel, surtout les substituts politiques. Si vous ne l'étiez que contre des voleurs, contre des assassins, et encore contre des assassins véritables, car aujourd'hui on joue avec tout, on se donnerait peut-être le temps de réfléchir. Mais s'attaquer à des journaux, à des journaux respectables!

PROSPER. Oh! oh 1 des journaux respectables! Vous êtes prodigue? de grands mots, monsieur Bulard.

M. BULARD. Après ma religion, je ne trouve rien de plus respectable que de défendre la cause qu'on a dans le cœur, au risque de ce qui pourra en arriver.

PROSPER. Pardon, pardon; la mémoire me revient. N'avezvous pas des fonds dans noire feuille légitimiste?

M. BULARD. Quand cela serait?

PROSPER. Diable ! c'est qu'ils pourraient bien être un peu aventurés.

M. BULARD. Tenez, ma parole d'honneur! rien ne me contrarie plus que de vous voir faire le fanfaron pour une pauvre petite place de substitut qu'on vous a donnée. Vous n'avez pas vécu autant que moi, vous n'avez pas vu tout ce que j'ai vu, de sorte que vous pouvez croire qu'il n'y a jamais rien eu de plus beau que ce que vous voyez. Il s'en faut bien que cela me fasse le même effet, à moi. Vous êtes jeune, attendez un peu; vous avez du temps devant vous. Laissez passer ce gouvernement-ci, laissez-en passer un autre, si c'est nécessaire; à la fin des fins, peut-être en viendra-l-il un raisonnable; qui sait?

PROSPER. Oui ; mais pendant que je laisserai passer les gouvernements, le temps passera aussi pour moi. Ce n'est pas là mon affaire.

M. BULARD. .le vous ai connu ne croyant pas que ceci pourrait tenir.

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