SCÈNE V
mot, Julie : veux-tu que je reste? Je t'avoue que ta fêle me chifl'onne ; ce n'est rien, et ça me donne des remords.
MADAME URBAIN. Des remords ?
M. URBAIN. C'est la vérité.
MADAME URBAIN. Et quc Icur diras-tu quand lu les renconireras ?
M. URBAIN. Je dirai... je dirai que c'était ta fête.
MADAME URBAIN. Toutes rédexions faites, non; vas-y. Il ne faut pas faire de confidence sur l'intérieur de notre ménage. La moitié de ces messieurs se moquerait de toi ; il n'y en a peut-être pas un qui aime sa femme comme tu m'aimes. Voyons; tu ne manges plus à cause de cela? Monsieur Urbain, faites-moi donc au moins des compliments sur mon civet.
M. URBAIN, il est délicieux.
MADAME URBAIN. Sens-lu qu'il n'est pas acre comme ceux de Marguerite? Avant de m'avenlurer, j'ai demandé des conseils. Tu ne m'écoutes pas.
M. URBAIN. Si fait, ma chère enfant.
MADAME URBAIN. Je t'ai parlé de ton rendez-vous bien innocemment, pour causer de quelque chose. Puisque lu en es si contrarié, ce sera une leçon pour une autre fois.
M. URBAIN. Je t'en réponds.
MADAME URBAIN. Tu ne resteras, d'ailleurs, que le temps que tu voudras. Crois-tu que ce soit tout notre souper?
M. URBAIN. Je n'en sais rien.
MADAME URBAIN. Tu vas voir, monsieur, tu vas voir.
(Klle son.)
M. URBAIN (seul). Tromper une femme comme celle-là, c'est conscience !
MADAME URBAIN. Des fraises et un biscuit de Sa\oie avec notre chiffre.
M. URBAIN. Eh! mais, eh ! mais!
MADAME URBAIN. Je te disquc c'est une noce.
M. URBAIN. Vous faites des cachotteries comme cela !
MADAME URBAIN. Les cacholteries, c'est mon fort. ( \|>nrcevanlque son mari regarde à sa montre.' Pnrdi! lu n'es pas .'i la minute. A peine s'il est dix heures.