ACTE H, SCENE Vil
crois rien. Je ne l'aime pas, et je soufl'rc de vous voir aller dans celte maison.
EMMA. Si le ieslament de votre oncle ne m'avait pas obligée de vous attendre ici, de vous y recevoir, je n'aurais pas élé conduite à accepter la bienveillance qu'elle m'a montrée et dont j'ai l'intention de ne pas abuser longtemps.
LE COLONEL. Que deviendrez-vous?
EMMA. Que serais-je devenue sans les bontés de votre oncle? La fortune que je lui dois suffit pour me permettre de choisir le seul asile qui convienne à ma situation.
LE COLONEL. Sans y prendre d'engagement?
EMMA. Que sais-je? l'avenir est si long!
LE COLONEL. Ah ! n'y pensez jamais sans me consulter
comme vous consulteriez un frère. Y consentez-vous?
EMMA. Oui. Je consens à vous écrire. Vous me protégerez par respect pour sa mémoire.
LE COLONEL. Par respect pour tout ce ((u'il chérissait en vous. Je serai le tuteur de votre fortune; elle restera hypothéquée sur celle terre; vous y tiendrez au moins par ({uelque chose. Vous étiez si bien ici que je m'en veux d'être la cause qui vous en éloigne. Celle idée m'est insupportable. Si mon oncle m'eût consulté!.... Il ne vous aimait pas comme je vous aurais aimée à sa place.