SCENE II
vont pas coranip vous voiidriais. De quoi t'avises-tii aussi d'airaer une fille plus riche que toi?
GERVAis. Aile m'aime hen, moi qui suis pauvre.
THOMAS. Sais-tu que ça n'est pas honnête de courtiser une fille sans que ses parents le sachent?
GERVAIS. Ils ne le savent que trop, monsieur Thomas. Comment ne le sauraient-ils pas? Je leux répèle tous les jours.
THOMAS. Qu'est-ce qu'ils disent?
GERVAIS. Madame Mathurinedit que j'ai raison : aile est si bonne c'te chère madame Malhurine! Aile nous aime tant! Pourvu que je lui donne beaucoup de petits-enfants, c'est tout ce qu'aile demande.
THOMAS. Oui ; mais monsieur Mathurin ?
GERVAIS. Monsieur Mathurin, lui, c'est autre chose.
THOMAS. Il ne tiant pas aux petits-enfants?
GERVAIS. Non, monsieur Thomas; et c'est dommage.
THOMAS. Oui, c'est dommage.
GERVAIS. Monsieur Thomas, vous devriais ben lui parler. 11 va venir tout à l'heure boire un coup avec vous; v'Ià du vin que j'apporte exprès pour ça. Dites-lui donc un mot pour mamzelle Tharèse et pour moi. Vous qu'avez de l'esprit, vous savez ben ce qu'il faut que vous disiais. Monsieur Mathurin est bon ; il ne faut que lui faire entendre raison.
THOMAS. Monsieur Mathurin est bon; madame Mathurine est bonne; tu es bon aussi, à coup sûr; Tharèse n'est pas méchante non plus, comment se fait-il que vous ne puissiez pas vous arranger?
GERVAIS. Nous nous arrangerions ben, Tharèse et moi, ce n'est pas l'embarras; mais sa mère veut que monsieur Mathurin y consente.
THOMAS. Ça me paraît assez juste.
GERVAIS. Pisque ça vous paraît juste, monsieur Thomas, tâchez donc alors de nous faire réussir. Tharèse en aura ben de la joie; et moi donc! je vous regarderai comme un second père. Adieu, monsieur Thomas. Je m'en vas à cette fin que monsieur Mathurin ne se doute pas que nous nous entendons ensemble.
(Il son.