‹ Proverbes dramatiques de Théodore LeclercqChapitre 86 sur 382 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LES PRÉCÉDENTS, MATHURINE, d'abord dans le fond.

THOMAS. Êtes-vous au moins sûr qu'aile l'aime autant que vous le dites?

MATHURIN. Damel écoutez donc, quant à ce qui est de moi, je ne m'y entends guère; en général, ce sont les femmes qui se connaissent à tout ça, et Mathurine m'a assuré plus de cent fois que Thérèse et Gervais avaient un amour tarrible l'un pour l'autre.

MATHURINE (s'avançant). Et je suis prête à le répéter. Ces pauvres enfants! ça fait pitié rien que de les voir. Si j'étais la maîtresse, je ne barguignerais pas longtemps. Gervais n'a pas de bien ; queuque ça fait? il en gagnera. Est-ce que j'étions plus avancés que lui quand j'avons pris c'ie farme? A\ec de l'économie et du travail, on vient à bout de tout (Elle (ait la révérence à Thomas.) V'ot' servante, monsieur Thomas. Est-ce que vous n'êtes pas de mon avis?

MATHURIN (à part). V'ià une question ben tombée.

MATHURINE. Not' Thérèse n'est pas vaniteuse. La chère fille! qu'elle soit contente du côté du cœur, elle n'en demandera pas davantage. Faut la connaître comme je la connais ; faut voir dans son pauvre petit cœur comme j'y vois. Elle n'a rien de caché pour sa mère; elle me conte tous ses chagrins, et je pleure queuquofois tout autant qu'elle. Je me rappelle si ben

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