SCÈNE XII
MATHURINE. Songe que je te l'ai remise avant ton prétendu voyage.
MATHURIN (avant d'ouvrir la lettre). Mathurine, crois-tu que ça me remettra l'esprit? j'ons ben besoin de ne pas croire ce que j'avons vu.
MATHURINE. Lis, lis; je n'ons pas d'inquiétude.
MATHURIN (hésitant toujours à ouvrir la lettre). Voisin, elle a l'air ben sure de son fait. Mais, Mathurine, pourquoi qu'elle est adressée à madame Langlois?
MATHURINE. C'était une finesse pour te la faire prendre, et que tu fusses ben sûr que je savais tous vos complots d'avance.
MATHURIN. Eh benl là, je te crois. Vlà qu'est dit; je ne veux rien lire. Embrassons-nous, veux-tu?
MATHURINE. Nou, uon , mon homme; lis, lis toujours. Elle n'est pas que pour toi d'ailleurs.
GERVAis (à Mathurine). Je peux aller avertir mamzelleTharèse, à présent. I me semble ben qu'il n'y a plus rien à craindre.
MATHURINE. Va, va, mon garçon.
(Gervais sort.)