BEI.ROSE
Mais je sais que, si je suis une lȏte dans ce monde.
je n'aurai pas plus d'esprit dans l'autre; et c'est pour ça que j'étudie , mademoiselle.
GERTRUDE
Vous faites bien.
BELROSE.
Je n'ai jamais manqué la messe... avec la musique, et quand je me mets à table je dis mon bénédicité.
GERTRUDE
Vraiment !
BELROSE.
Il ne tiendra qu'à vous de l'entendre j c'est mon usage avant le déjeuner.
GERTRUDE
Voilà un hussard bien extraordinaire.
BELROSE.
Si j'avais là seulement une côtelette une bouteille de vin... vous verriez...
GERTRUDE
Vous diriez votre bénédicité ?
BELROSE.
Je sais hum d'autres prières , les Litanies, les Te
Deutn, les Credo... Voulez-vous que je vous dise le Credo ?
GERÏRUDE.
Volontiers.
BELROSE.
Voici le Credo... Paternoster , qui es in cœlis... je me trompe... à jeun on a des distractions, voyez-vous -, et , quand l'estomac est vide , la tête l'est aussi.
GERTRUDE,à part.
Il est à jeun.... le pauvre garçon ! (Haut. ) J'aime à vous entendre parler , monsieur le hussard ; mais il faut que je vous l'avoue , vous avez fait peur à ma sœur.
BELROSE.
Elle n'est pas jeune.
GERTRUDE
C'est mon ainée.
BELROSE.
C'est cela... je n'ai jamais fait peur qu'aux vieilles femmes. Mais pour les jeunes personnes qui , comme vous.... mademoiselle, réunissent la sagesse à la beauté.., certainement... enlin je vous prie de faire ma paix avec mon liôte — et de lui dire qu'on peut, comme Saint-Michel , porter moustache , et être encore un fort honnête garçon.
liERTRUDE.
Reposoz-vous , monsieur le hussard -, je vais lui parler et lui annoncer que nous avons le bonheur de posséder un soldat qui sait ses prières , et qui dit son bénédicité.
BELROSE.
Quand il va déjeuner, mademoiselle.
GERÏRUDE, à pan.
J'entends. .. 11 estfort bien élevé, ce hussard. (//rtuf.) Attendez-moi^ je reviens à l'instant.
( Elle sort. ) BELROSE, seul.
Il faut se conformer aux mœurs des personnes avec lesquelles on se trouve, et je dois suivie le proverbe que répète souvent notre brave aumônier : Commis on connaît les saints on les honore. Il faut avouer c^ue j'ai de grandes obligations à l'enseignement mutuel. Dans un an j'ai appris à lire, je commence à connaître les grands hommes qui ont instruit ma patrie... lime reste bien dans les manières et dans le langage quelques traces de mes anciennes habitudes.... mais enfin je vaux mieux aujourd'hui qu'autrefois. J'ai dans mon sac un petit buste de \oltaife, la Ilenriade m'a appris à aimer Henri l^ , et... \oici mademoiselle Gerlrude.
ON LES HONORE. igS