SCÈNE Y
que j’ m’appelais Babet, qu’ j’étais la fille au père Thomas, il m’a dit comme ça : « Hé b’en, ma »p’tite, que viens- tu faire à Paris? — J’ viens » vous voir, mon oncle. — C’est bien, mon enfant ; quand t’en vas-tu ? — J’ viens pour rester » à Paris, mon oncle. — Vous venez pour rester » à Paris? — Oui, mon oncle; pour entrer en «condition. — Sois tranquille, mon enfant, je » ferai tout ce qui dépendra de moi pour t’en « trouver une tout d’ suite. C’est-i’ là un bon » oncle d’ Paris !
DORMEÜIL.
Oui. Un bon oncle de Paris.
MADAME SAIIVT-ALBAIV. '
Croiriez - vous que d’puis trois jours que j’ suis chez lui, il n’ fait plus qu’ lire . Com¬
ment donc qu’ vous appelez ça?
; - DORMEUTL.
Les Petites-Affiches.
MADAME SAIPJT-ALBAJy.
Oui , c’est ça , les P’tites-Afficbes. C’ matin donc mon oncle était à lire les P’ tites- Affiches. Il m’appelle : « Babct ! j’ai trouvé ton affaire. Ecoute : « Une jolie chienne de race , élevée
L’AUTEUR EN DÉFAUT
)) pour la chasse; c’ n’est pas ça.... « Une ju- » ment blanche , dans la fleur de l’âge , ayant » remporté le prix de la course. » G’ n’est pas encore ça. Ah ! m’y voici. « On demande une » femme de chambre , ayant de bons répon- )) dans. S’adresser rue Joubert, Chaussée- d’An- » tin , n“ 6. » J’ me suis dit tout d’ suite : v’ia c’ qui’ m’ faut. Si j’ deviens femme de chambre, j’aurai de bons gages ; drès qu^ j’aurai d’ bons gages , mon père et ma mère n’ manqueront plus d’ rien. J’ai r’tenu votre adresse, j’ me suis fait brave , j’ suis vite accourue , et v’ià qu’ me v’ià.
DORMEUIL
Désirer gagner de l’argent pour aider ses parens, rien de plus louable; mais , ma bonne, que savez-vous faire ?
MADAME SAINT-ALBAN
Dame, Monsieur, qu’est-ce qui’ faut savoir faire pour être femme de chambre?
DORMEUIL
Il faut savoir d’abord coiffer et habiller sa maîtresse.
MADAME SAÏNT-ALBAN.
Ah b’en ! si c’ n’est qu’ ça, j’ m’ coiffe et j’