‹ Proverbes dramatiquesChapitre 14 sur 217 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

DURMONT, seul.

J’ai dévié un moment à mes principes, parce qu’il ne s’agissait que d’une pauvre servante, et je me suis trouvé pris, comme un sot, dans mes propres filets : un enfant m’a battu. Cette résistance sera de courte durée; une riche corbeille sèche bien des larmes. D’ailleurs, il faut que Cécile épouse Richard ; il le faut dans mon propre intérêt. La fortune de mon gendre, son crédit, m’aideront puissamment à arriver à un poste élevé. Mais pour parvenir à ce but, que de combats à soutenir ! Il faut en convenir, ma position est cruelle. Comment résister aux instances de ma femme , aux larmes de ma fille, aux reproches de mon ami! Tout se réunit pour m’accabler. Il faut pourtant prendre un parti. Si je cède un moment, tout est perdu. Écrivons à Lefranc poiir retirer ma parole!.... retirer ma parole! le puis-je? rien ne presse. Il sera temps d’écrire quand j’aurai vu Richard.... Mais les intentions de Richai'd

LE PETIT AMBITIEUX

peuvent-elles être douteuses ?,... Dès qu’il me sait attaché au ministère , il arrive à Paris ; il m’assigne un rendez-vous pour le lendemain même de son arrivée ; il vient pour m’entretenir d’une affaire importante de quoi peut-il être question, si ce n’est du mariage de nos enfans ? Ecrivons à Lefranc ; j’éviterai ainsi pue explication pénible....

LEFRANC, DURMONT.

LEFRA.NC, dans la coulisse.

Ne vous dérangez pas, bonne Françoise, je m’annoncerai bien moi-même.

DURMONT.

C’est lui.... c’est Lefranc.... armons-nous de courage. ^ r

LEFRANC

Eh ! le voilà , ce cher Durmont ! Corne va la sanità, mon bon ami? sais- tu que je viens te gronder? Comment, depuis un mois tu es à Paris, et pas un mot à ton vieux camarade ? pour lui dire : Voilà mon adresse , viens !

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