SCÈNE V
DURMONT, enibai rassé.
Je n’ai pu disposer d’un moment.... Je suis accablé d’affaires.... J’allais écrire.
LEFRANC
c’est par hasard que j’ai appris ta nomination à une place de sous-chef. Est-ce que tu n’es pas content de ta nouvelle position ? Je te trouve l’air sombre.
DURMONT.
J”en dois être satisfait. Le ministre m’a honoré en me donnant cette marque de confiance , et j’espère bien que Son Excellence n’en restera pas là.
LEFRANC
L’hoiineur qu’il t’a fait est assez mince. Quant à la confiance qu’il t’accorde, je parierais que c’est tout au plus s’il se souvient que tu fais partie de ses bureaux. Dans tous les cas, c’est toujours bien fait d’espérer. Mais, mon ami, le plaisir que j’ai à te voir est mêlé de regrets. Quand tu viens t’établir à Paris, je vais me fixer en province.
DURMONT.
Tu quittes ton emploi ? on t’a donné ta retraite
3o LE PETIT AMBITIEUX,
LEfRANC.
Je Fai demandée.
DURMONT. I
Tii les a gagnés de vitesse.
LEFRANC
C’est possible. Je n’étais pas assez machine.
' DURMONT.
Je conçois que tu te sois lassé d’attendre, dans une place subalterne , un avancement auquel tu avais peut-être quelque droit.
LEFRANC
Que veux-tu, mon ami, il n’est qu’heur et malheur. Je suis trop fier pour demander , trop maladroit pour intriguer. J’ai la colonne vertébrale trop roide ; je n’aurais jamais pu parvenir. Au surplus , je n’ai point à me plaindre : en conservant mon indépendance, je ne devais pas m’attendre au prix de la servilité.
DURMONT.
Mais cela ne dérange-t-il pas un peu ta petite fortune ?
LEFRANC
Pas le moins du monde. Je viens de donner