SCÈNE Xll
LARONDE.
Le soir, je me dirige vers l’habitation lapins voisine où je suis sûr de trouver un bon accueil. A mon aspect, les figures s’épanouissent et je partage la joie que je fais naître. Tous mes jours se passent ainsi dans les plaisirs. Je vais de fêtes en fêtes, de noces en noces, comme tu le disais tout à l’heure. De qui pourrais-je envier le sort ?
THOMAS
De parsonne.
LARONDE.
L’acteur qui se contente de débiter son rôle et de suivre les traditions, n’est qu’un perroquet et un singe. Le véritable artiste dramatique, celui qui aime son art avec passion, sent qu’il doit étudier l’homme même. Eh bien, cette étude est aussi le but de mes voyages. Quand je rencontre un homme d’un caractère prononcé, dont l’allure s’est conservée vive et franche, je l’observe. Je classe ainsi dans ma pensée une foule de modèles dont je me sers pour imprimer à chacun de mes rôles un cachet d’originalité. Voilà comme, en suivant tous
mes goûts , je m’assure les moyens de les satisfaire.
THOMAS
C’est bon jusqu’à présent; mais on vieillit; on iT peut pas toujours marcher, faut se r’poser.
LAROKDE.
Je t’entends. Alors j’arrive ici, j’y dépose mon sac et mon bâton, et je te dis : Thomas, où est ma chambre ?
THOMAS , vivement ému.
Laronde, nous sommes amis depuis vingt ans, mais v’ià la plus grande preuve que tu m’en aies donnée. •
LARONDE.
Est-ce qu’elle t’étonne ?
THOBIAS.
Non ! car j’y avais pensé avant toi.
Touche là. C’est dit.
THOMAS
Je t’attends. ^
LARONDE.
Nous n’en sommes pas encore là. L’emploi