SCENE X. i
rompu; vous parliez-, je crois, de notre visite à la ferme.
DORSAN
Je serais curieux d’en connaître le résultat.
MADAME FUTILE
Adèle s’était levée à six heures du matin. Une partie de campagne est si séduisante pour une jeune personne !
ADÈLE
Je vous assure, maman, que j’y ai eu beaucoup de plaisir.
MADAME FUTILE
Tu es bien heureuse! moi, j’ai été constamment au supplice; vous allez en juger, mon ami. A huit heures, le remise qui devait nous conduire attendait ; Adèle ne me laissait pas le ! temps de mettre un schall; nous partons. Arrivées à la grande porte de la ferme, nous passons entre deux chiens énormes , qui poussaient des hurlemeris épouvantables , et qui nous auraient dévorées s’ils n’avaient été enchaînés.
DORSAN
Vous voudriez peut-être qu’un fermier n’eût pas de chiens pour sa sûreté ?
MADAME FUTILE
MADAME FUTILE
Qu’il en ait , mais qu’ils n’aboient pas. Enfin, nous passons, en nous pressant l’une contre l’autre. A peine avions-nous fait quelques pas, ayant de la paille jusqu’à mi-jambe, que nous sommes assaillies par tous les habitans de la basse-cour, qui nous conduisent impitoyablement jusqu’à la porte de la maison du fermier. C’était un bruit à rendre sourd. J’en perdais la tête; je ne savais où poser le pied; et cette folle d’Adèle, au lieu de me tirer d’embarras , riait au point de ne pouvoir plus se soutenir.
ADÈLE
C’est que de ma vie je n’ai rien vu de si plaisant : les coqs marchaient fièrement en tête; venaient ensuite les dindons; les poules s’étaient rangées autour de nous ; les oies et les canards fermaient la marche , et çà et là on voyait courir des cochons de lait qui figuraient la cavalerie légère. Nous voyez -vous avancer gravement au milieu de cette bruyante escorte ?
DOKSAN.
Comment donc , c’était une marche triomphale; il n’y manquait que des trompettes.