SCÈNE X
me marche sur le pied, un autre saute à piedsjoints sur ma robe et la déchire. Je ne savais où me réfugier, quand heureusement l’adjoint du maire vint donner le signal du départ.
DORSAW.
Et vous voilà remontées dans votre voiture, qui donnait à la noce un certain relief.
MADAME FUTILE
Bon ! le chemin qui conduit de la ferme à l’église est défoncé, et les voitures suspendues n’y passent pas.
DORSAN
11 faut espérer qu’un jour on reconnaîtra la nécessité de réparer les chemins vicinaux. En attendant, je vous vois à pied.
ADÈLE
Non, mon oncle, à ânes. Nous montons sur les deux trompettes qui avaient sonné notre bien-venue.
MADAME FUTILE
Et nous suivons ainsi la noce. Pour nous faire honneur, sans doute, on nous avait placées immédiatement après trois violons , une clarinette et une grosse caisse.
MADAME FUTILE
DORSAN
Ah! bon Dieu' c’était pour vous achever.
MADAME FUTILE
Ce n’est pas tout. Arrivés à l’église, le père Giraud , qui est marguillier , et tous les conviés, escortés de deux serpens et de trois enfans de choeur^ se rangent autour du lutrin et se mettent à beugler à qui mieux mieux. Vous jugez du vacarme! car, chez ces gens-là, c’est celui qui crie le plus fort qui croit le mieux chanter.
DORSAN
C’est précisément comme à l’Académie royale de Musique.
MADAME FUTILE
C’est pis encore, s’il est possible. A la sortie de l’église, voilà tous les garçons du village qui s’avisent de tirer des coups de fusil. L’âne d’Adèle a peur, et prend le galop ; le mien le suit. Nos efforts pour les arrêter sont inutiles , parce que l’orchestre , qui croyait de son honneur de ne pas nous quitter, nous suivait à toutes jambes et redoublait leur frayeur. Enfin tout le monde se met à courir en désordre jusqu’à la ferme, où nous arrivons plus mortes