M. PARTOUT, MADAME BERNARD
MADAME BERNARD
Dieu merci! voilà ce monsieur parti. Je vous ai entendu parler si haut^ que je croyais que vous avie? querelle ensemble , et j'ai été vingt fois au moment d'entrer.
M. PARTOUT
Une querelle avec monsieur Prudent ! Il faudrait être bien malencontreux.
MADAME BERNARD
Ce monsieur s'appelle...
M. PARTOUT
Monsieur Prudent.
424 TOUS LES COHEBUCNS, etc.
MiDÂME BERNARD.
Vous êtes bien sûr? Je croyais que c'était monsieur de Rocheron*
M. PARTOUT
Vous êtes physionomiste. Vous avez pris cet homme-là pour un comédien? C'est bien là leur allure.
MADAME fiERIïi^^.
Cependant permettez-moi de vous dire
M. PARTOUT
Faites-moi grâce, madame Bernard. Vous vous êtes imaginé que je parlais avec humeur; vous vous êtes trompée. Le discours que j'ai improvisé si heureusement ce matin m'avait mis en haleine; je n'avais pas épuisé toute mon éloquence à l'Institut, et c'est comme un reste de verve que j'ai satisfait avec cet homme qui venait me consulter sur un duel.
MADAME BERNARD
^ Monsieur , il y a quelcjue chose là-dessous , parce que monsieur Léon
Monsieur Léon , rùonsieur Léon est un goguenard avec lequel il est impossible d'être éloquent. Quelle heure est-il? (iitiresa^moiitre;) Ah! grands dieux, quatre heures ! J'ai conseil de disciphne pour la garde nationale; je n'arriverai jamais à temps. Faites-moi donner mon imiforme tout de suite, r Madame Bernani son.) On ne sait auquel entendre. Et mon oraison fu-
SGEIVE XVI. AW
nèbre Il faut avouer qu'elle a du malheur. Bast!
je Timproviserai comme je pourrai, et je la ferai avec soin après, pour l'envoyer aux journaux. (Madame
Bernard rentre en tenant un uniforme complet, habit, chapeau , e'pëe. M. Partout ^ ôte sa robe d'avocat , et s'habille çn officier >. ) TransformOnS-nOUS CU
héros. ( Il rit. ) Je suis un véritable Protée. Mais ,
qu'est-ce qui vient là ? ( m. de Rocheron entre , madame Bernard s'en va. )