SCEN» I
MAD^MB DE CCKCTRY, LE DOCTEUfl
MADAME DE CŒURY.
Mais, docteur, vous me disiez à Paris que je m'amusçrais ta^t aux eaux ; je ne vois pas cela.
LE DOCTBtJ]^
Attendez donc; nous n'avons pas la moitié de notre^ monde.
MADAME. DE GOEURY.
J'avais cru aussi que vous ne receviez que des gens très-maladcÀ.
LE DOÇTRXHL
A cette condition - là.9 vpus ne seriez pas des nôtres.
MADAME DE CQEVRY.
J'aurais fait exception.
LE DOCTEUR
Mais s'il n'y a^?âit ici que des gens très-malades ^ vous vous y ennuieriez bien davantage.
MADAME DE CŒURY.
Au contraire.
440 L£8 DOTS
LE DOdtEUR. I
Vous trouveriez cela plus amusant? |
MADAME DE GOEURY. *
Beaucoup plus amusant que votre madame de \ Sennecé , qui fait des toilettes extravagantes , ete^ui ' a toujours une foule d'hommes autour d^elle.
LE DOqXEUB.
Vous n'avez pas seulement ici madame de Sennecé. Vous êtes voisine d'appartement d'une dame fort respectable 9 madame de Mélay.
MADAME 9E COEURY.
Elle ne parle que de la santé de sa fille,
LE DOCTEUR
Elle l'aime tant, et elle est si intéressante l
MADAME DE COEURY.
A la bonne heure; mais voilà tout.
LE DOCTEUR
N'avez-vous pas encore madame de la Rabatterie?
MADAME DE COEURY.
Une femme de province !
" LE DOCTEUR
Je vous croyais liée avec elle.
MADAME DE COEURY.
Liée ! je ne la connais que depuis que je suis ici. Il n'y a aucun rapport entre nous , et son bavardage ne m'amuse que quand je pense à autre chose. Non ;
SGSNE I. 441
si jf trouvais un agrément aux eaïuc^ ce serait .d'y être sans mon mari*
LE DpCTEUR, riant.
C'est toujours cela.
MAUME DE GOEURY.
Eh bien ! docteifr , ce n'est pas assez.
LE DOCTEUR
Que feriez-vous dans cette saison -ci à Paris?
MADAME PE COEURY.
Peut*êtri5 m'y ç'nnuierafs-je ; mais il y a tant de manières de s'ennuyer à Paris ! Ici, il n'y en a qu'une.
LE DOCTEUR
Je vais pl'oposer une souscription aujourd'hui.*
MADAME DE GOEURY.
Quel en sera l'objet ?
LE DOCTEUR
13 ne bonne action à faire.
MADAME DE COEURY.
Ce sera-t-il amusant?»
Ï.E DOCTEUR
Un mariage.
MADAME DE COEURY.
Vous appelez cela une bonne action ?
LE DOCTEUR
Oui, car les jeunes gens s'aiment beaucoup.
442 US» qHTO.
VADAMI^DE CfiEHRY.
Alor8, pourquoi les marier? C'est dooc >pour les guérir? •
LE DOGTBVR.
C'est leur affaire. * ' ,
liAOAME DE GQEIUBV.
Tous les médecins ont la fureur des mariages. X'ameur de vos protégés est dope bien touchant ?
LE DOCTEtJR.
Le jeune homme est j^n bon Allemand y dont je me sers pour toutes sortes de choses* pendant la saison.
MADAME DE CGEURY,
Et Famoureuse ?
LE DOCTEJJR.
Une petite ouvrière de ce pays.
MADAME DE C(»:URT. '
JFrancisc est Allemand aussi.
LE DOCTEUR
C'est précisément de lui^ii'il s'agit.
MADAME DE COEURY.
Ëh ! mais , j'en fais grand cas.
liE DOCTEUR.
Tout le monde s'en loue.
MADAME DE COEURY.
Pourquoi veùt-il se marier, cet imbécile-là?
Màms. II. 44S
LB DOOTEUR.
TeHezy ie voilà; demandez-le-lui.