MARIANNE, FREDERIC, CECILE, JOLICOEUR
CÉCILE
Bonsoir, ma chère. J'ai été au moment de ne pas venir ; madame était dans ses vapeurs ; elle n'a jamais été aussi insupportable qu'aujourd'hui. (Bas.) C'est là votre Allemand ? Il est fort bieni
JOLICOEUR.
Sur ma parole d'honneur, j'ai logé z'à Metz chez une dame qui était claquée sur votre maîtresse, mamzelle Cécile ; c'était une et une font deux.
CÉCILE
Ma chère , monsieur est mon cousin ; il s'appelle Jolicœur.
JOLICOEUR.
Oui, mamzelle, à votre service. C'est ça votre cuisine, mamzelle Marianne? Elle est magnifique; mais, comme on dit, selon la cage, l'oiseau. A Berlin, jnoi...
CÉCILE
C'est bon, c'est bon. Vous nous conterez cela à goûter. Il est drôle , ma chère. Si vous saviez comme il m'a fait rire en route. II se moquait de tous les passans.
JOUCOEUR.
Oui , mais ce n'était qu'en passant.
(H rit avec fatuité. )
Vous ne dites rien, monsieur Frédéric.
FRÉDÉRIC
Çhe comprentre pas ce qu'on tit, mamzelle Cicile.
JOLICOEUR.
Monsieur est Allemand. J'ai z'été en Allemagne, moi. C'est de braves gens. Vous devez connaître le chnic. Ah ! que j'en ai bu dans ce pays-là ! mais j'y mettais du sucre. J'ai fait aussi de l'eau-de-vie brûlée. A six que nous étions un jour...
CÉCILE
Voilà de jolies histoires pour des femmes.
JOLICOEUR.
Et les Allemandes, comme elles aiment les Français! Quand je dis les Français, je veux dire les ceux qui ont du savoir-vivre. Tenez, c'est une Allemande qui m'a donné cet anneau. Elle a fait faire aussi mon portrait ; ça lui^ 'a bien coûté douze francs ; mais îl n'y a rien au Muséon d'aussi beau que ce portrait-là. C'était une riche marchande
CÉCILE
Laissez donc , Jolicœur. Vous savez que je vous ai défendu toute espèce de narration de ce genre. Ma chère, voyez-vous toujours la petite Julie? Elle ne vient plus chez moi ; je l'ai consignée. Elle avait eu