SCENE m
cette bourgeoise savait bien ce qu'elle, faisait. Oh ! combien j'ai bu de ratafia dans cette maison-là !
CÉCILE
Taisez- vous donc, mon cousin ; vous n'ouvrez la bouche que pour parler de vos campagnes; c'est ennuyeux à la longue. ^
FRÉDÉRIC
Tertaif , le^ pon fin ! Mamzelle Cicile, che pois à fotre santé.
CÉCILE
Monsieur Frédéric, je vous remercie.
FRÉDÉRIC
On remercie pas, on poit à la mienne.
CÉCILE, trinquant avec Fred(jric.
Hé bien, à la vôtre. (EUe boit.)
FRÉDÉRIC
Allons, Marianne 9 pois tonc aussi ( se reprenant. ) Pufez tonc, che feux tire. Recartez monsieur Cholicœur, on n'est pas opliché pour le prier.
JOLICOEUR. ^
J'ai beau boire, je ne boirai jamais autant que j'ai bu. C'est quand le vin ne coûte rien que ça va joliment. Partout où j'ai z'été, je me suis toujours fait servir comme un prince. Je jurais, je tempêtais, dame! il fallait voir. Je me rappelle qu'uix jour
CÉCILE
Est-ce que vous allez recommencer?
JOLICOEUR.
C*est que cette histoire-là est drôle,
CÉCILE
Drôle ou non, je vous défends de la conter. Vous vous croyez toujours dans un corps-de-garde, c'est aussi par trop systématique. N'étes-vous pas de mon avis, monsieur Frédéric?
FRÉDÉRIC , d'ma air galant.
Mamzelle Cicile, quand mes yeux ils sont aussi contens , mes oreilles ils sont pas tifficiles.
MARIANNE
Qu'est-ce que vous dites donc là, monsieur
FRÉDÉRIC, avec bonhomie.
Che fais la galanterie ; ça n^est pas téfentu , che crois.
MARIANNE
Si fait , c'est défendu au point où nous en sommes ensemble.
FRÉDÉRIC
£st-ce que mamzelle Cicile il sait le point où nous en sommes?
CÉCILE^ avec malice.
Ah ! ah ! Marianne , vous ne vous attendiez pas à celui-là.
MARIANNE
Qu'entendez-vous donc là-dessous ?
CÉCILE
C'est bon , c'est boh , mademoiselle la réservée