SCENE IV
LES PR]$GéDBifs, BERTRAND.
' Vous ne vous gênez pas, vous autres. Est-ce que vous ne saviez pas que je devais venir?
MARIANNE
Vous êtes si capricieux qu'on ne peut jamais compter sur vous ; mais v'ià votre place qu'on vous avait gardée. r
BERTRAND
Peste ! elle est bonne ma place ; elle vaut mieux que celle que j'ai chez mon maître. ( Regardant ci^cUe. ) Tiens! c'est la petite Cécile; je ne la reconnaissais pas. Comment ça va-t-il , mignonne ? £l^ les amoureux , combien en avons-nous ?
CÉCILE
Mais vraiment, Bertrand, à qui en avez-vous? Qu'est-ce que c'est donc que ce ton-là ?
BERTRAND
C'est un ton de grand seigneur, ma belle, yentrebleu ! on se forme dans les sociétés que je vois.
FRÉDÉRIC
Comment ! c'est là ce Pèrtrand dont on faisait
tant te l'emparras ? Che l'ai fu , il n'était que pale* frenier.
B£HTRA]yD.
Tiens, c'e^t l'Allemand! Bonjour, mon fils. Que veux-tu? je suis monté en grade, j'en profite pour m'en faire accroire. Je n'osais pas d'abord faire le gros; franche duperie ! Le monde esjt si béte, qu'il vous prend pour ce que vous vous donnez. Mais buvons un coup.
FRÉDÉRIC
Foui , pufons un coupu
( Ils boivent. ) BERTRAND.
Diable ! ce n'est pas là du vin de cabaret. Cette brave Marianne, elle a toujours du bon. Ce n'est pas étonnant ; la gouvernante d'un vieux garçon , c'est comme une maîtresse de maison.
JOLiCOEUR.
C'est bien vrai ce que vous dites là , monsieur Bertrand. Dans toutes mes campagnes, moi, j'ai toujours recherché les gouvernantes de vieux garçons. A Barcelonne, par exemple, j'étais chez un moine, un curé, je ne sais pas trop ; il avait une gouvernante qui était une fille sans pareille. Oh, le bon nougat qu'elle faisait ! Elle avait plus de soixante ans, hé bien, vous me croirez si vous voulez.
• (Il rit.)
CÉCILE
Jolicœur, vous allez encore vous permettre quelque incivilités Prenez donc garde, une fois pour