‹ Proverbes dramatiques (volume 2)Chapitre 49 sur 247 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

LE COMTE , riant.

Je vous comprenais bien.

M. GAUCHER

Deux hommes de ce village, qui travaillent toute l'année pour vous , sous prétexte d'être au moment d'avoir un procès l'un contre l'autre , sont venus dimanche dernier à mon étude pour voir, disaient-ils, si je ne pouvais pas les arranger. C'est où je les attendais, et je leur ai donné rendez -vous ce matin même ici , soi-disant pour leur épargner la peine de faire quatre lieues pour venir chez moi et s'en aller, mais, dans la vérité, pour vous faire juger par vousmême combien il est urgent d'apporter remède à l'esprit de rapine qui existe actuellement parmi ces gens-là.

LE COMTE

C'est donc bien considérable ?

M. GAUCHER

Vous savez , ou vous ne savez pas que , dans votre prairie du Parc-aux- Veaux , près l'étang du petit Bouchet, il y a une langue de terre qui aboute à Jean Mondain et à Laurent Moreau.

LE COMTE , avec distraction.

• Je crois bien me rappeler cela.

M. GAUCHER

Depuis trois ans environ, ce Mondain et ce Moreau, en labourant leur terre à eux, ont toujours été en empiétant sur celle qui vous appartient ; et , de sillons en sillons, ils ont si bien envahi le tout, qu'ils se disputent aujourd'hui à qui fera reculer l'autre. Us n'i-

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