SCENE IX. f 1i
Vous avais beau dire. Pour ça j j'sis ben sûr que les titres sont abolis. En cherchant un peu j'trouverions même la date.
LE COMTE , du toa le plus sévère.
Mais la justice n'est pas abolie.
MONDAIN, toujours d'un ton patelin.
Je n'en ai pas ouï parler.
LE COMTE
Hé bien, c'est à elle que vous aurez affaire. Je me lasse de ma trop grande bonté , à la fin , et je veux que vous serviez tous les deux d'exemple. Il n'y a plus de titres ! Vous verrez s'il n'y a plus de titres.
LAURENT
Ah ! monsieu le comte, ah ! monseigneur
LE COMTE
Laissez-moi. Vous vous imaginez qu'il vous sera permis de nous dépouiller, et que vous n'aurez qu'à le vouloir pour vous emparer de nos biens. Je suis très-résolu à ne plus rien souffrir, et mon garde a des ordres précis à cet égard. Il n'y a plus de titres !
MONDAIN
Monsieu l'comte nous pardonnera. Il doit ben savoir que j'manquons d'instruction, et que je n'péchons que par ignorance. I n'voudrait pas ruiner de pauvres guiables comme nous, qui n'avons que nos bras pour faire vivre nos bons vieux parens. C'est vrai que c'bout de tarre qu'était là tous les
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jours à cotais du nôtre, nous avait un peu donné dans l'œil, et que j'avons manqué à la propriétais qu'est un droit respectable ; mais c'est qu'ça nous arrangeait ben.
M. GAUCHER
Vous voilà furieusement radouci.
MONDAIN , élevant la voix.
Monsieu Gaucher, vous n'êtes qu'un notaire, ça n'vous r'garde pas. N'faut pas non plus chercher a écraser toujours les p'tits au profit des riches. C'n'est pas not'faute si j 'n'avons pas d'fortune, et si je n'pouvons pas faire faire de gros actes tous les jours.
M. GAUCHER
Monsieur le comte, j'espère que vous donnerez suite à cette affaire , et qu'ils n'en seront pas quittes à si bon marché.
LE COMTE
Mon parti est pris; je serai inexorable.