SCENE IV. Hi
THOMAS
D'où la connaissez-vous ?
LE DOMESTIQUE
De la voir toute la journée passer dans la rue.
Mais vous ne lui avez jamais parlé ?
LE DOMESTIQUE
Bien des fois.
THOMAS
Laissez donc ; je suis ben sûr du contraire.
LE DOMESTIQUE
Vous n'êtes sûr de rien du tout , car je vous jure que je vous dis la vérité. Qu'y a-t-il donc là de si extraordinaire ?
THOMAS , avec chaleur.
De si extraordinaire! de si extraordinaire! Il y a de si extraordinaire que ça n'peut pas être , parce que Margot ne parle- qu'à moi , entendez-vous. 11 est vrai que je lui réponds tant qu'aile veut. Par ainsi, ne venez pas me mettre martel en tête avec vos balivernes.
LE DOMESTIQUE
Vous vous fâchez, monsieur Thomas, vous avez tort : je n'ai pas voulu vous faire de la peine. Prenons que je n'ai rien dit.
THOMAS
C'est que, voyez-vous, il y a des sujets qui sont chatouilleux... Enfin vous devez m'entendre. Je ne suis pas maître de ça, d'abord. Mais sans doute vous veniez ici pour queuque chose.
2tB LE SAVETIER ET LE FINANCIER.
LE DOMESTIQUE, avec ironie.
Je ne sais pas si je dois me permettre de le dire, monsieur Thomas ; je n'aurais encore qu*à vous fâcher.
THOMAS
Voilà qui est passé, monsieur le domestique. Vous pouvez parler; je vous écoute.
LE DOMESTIQUE
Non. Je n'ose pas, d'honneur.
THOMAS
Parlez donc.
LE DOMESTIQUE
Eh bien , monsieur Mondor vous demande»
THOMAS
Moi?
LE DOMESTIQUE
Qui donc?
THOMAS
C'est singulier. Vous badinez, n'est -il pas vrai? Qu'est-ce qu'il peut me vouloir ?
LE DOMESTIQUE
Je n'en sais rien.
THOMAS
Monsieur Mondor demander un savetier !
LE DOMESTIQUE
Vous vous étonnez de tout. Allons , venez ; car il est vif en diable, et je suis sûr qu'il s'impatiente déjà.
THOMAS
Oh ! que je ne vas pas comme ça. Faut que je parle à Margot auparavant.