SCÈNE I. 24S
MADÀMJg DORVAL.
OÙ serait le mal? Déjà nos enfans se sont mis sous sa direction; et soyçz sûr que, s'il continue, il les perdra. Agathe, que nous avions toujours vue docile et soumise, a aujourd'hui la tête pleine de chimères de l'invention de son oncle, et Julien, de son côté, n'est plus reconnaissable.
M. DORVAL
Agathe va se marier, et cela finira. Quant à Julien , j'ai décidé de l'envoyer à Paris pour faire son droit.
MADAME DORVAL
Il serait bien plus simple de faire une pension à votre frère et de le renvoyer.
M. DORVAL. ' '
En un seul jour, il mangerait dix pensions comme celle que je pourrais lui assurer.
MADAME DORVAL
Tant pis pour lui. Quand on aurait fait tout ce qu'on peut faire, on n'aurait rien à se reprocher,
M. DORVAL
Il nous reviendrait encore.
madame: DORVAL.
Nous sommes donc condamnés à lui servir de précepteurs toute sa vie ?
M. DORVAL
Mettons-y un peu de condescendance. Si nous le poussons à l'extrême, il est capable de se marier; et voyez, li^ns fortune, le beau mariage qu'il pourrait faire, et les suites que cela aurait pour nous.
MADâHB DORYAL.
Vous me faites trembler !
M. BORVÀL.
Vous voyez bien que je n'ai pas tant de faiblesse que vous l'imaginez.
MADAME DORVAL
Ainsi , il serait possible qu'il nous amenât un jour une femme de plus et une couvée d'enfans? Est-ce qu'il vous en a menacé ?
M. DORVAL
Pas positivement, mais il mè l'a fait entendre. Vous savez que je me trouve lui redevoir une misérable somme que je veux au moins lui tenir en réserve...
MADAME DORVAL
C'est avec cela qu'il se marierait?
M. DORVAL
Il n'y a pas de folie dont il ne soit capable.
MADAME DORVAL
Un fou de quarante ans ! comme c'est intéressant!
M. DORVAL
Après tout, ce fou est mon frère.
MADAME DORVAL
C'est un grand malheur.
EDMOND , en dehors du théâtre.
l.a, la, la, la, la.
MADAME DORVAL
liC voici. Je m'en vais , car je dirais quelque sottise.
( Elle passe de? «ut Edmond , qui 1« salue. )
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