SCENE VI
MOVSIEVR et MADAME DE VERNANT, MADAME DE LURCY.
MADAME DE LURCY.
En vérité ! je ne croyais pas qu'il se fût mis sur les rangs. Ah! mais, c'est fort bon.
MADAME DE VERNANT.
L'exclamation est gracieuse pour nous.
MADAME DE L^RCY.
Écpotez donc, madame; votre mari n'ayant pas réuni les suffrages, nous devons nous réjouir, pour le succès de la bonne cause, de ce qu'ils sont tombés sur un homme aussi sûr, aussi capable que monsieur Bignardin.
MADAME DE VERNANT.
Monsieur Bignardin un homme sûr! Dites plutôt que c'est un traître et un hypocrite. Un hpmme qui est encore venu nous demander. à dîner il n'y 4 pas plus de huit jours; c'était pour pôus espionner ! que nous avons retenu à coucher pour ne pas le laisser partir la nuit ! Un homnie sûr ! Qu'est-ce qui l'empêchait d'agir de bonne guerre avec nous?
MADAME DE LURCY.
Savait-il que vous aviez des prétentions ?
MADAME DE VERNANT.
il ne manquait plus que de l'en instruira.
310 LES ÉLEGTIOTîS.
MADAME DE LURCY.
S'il ne se doutait de rien , comment pouvez-vous dire qu'il soit traître ? n
MADAME DE YERNANT.
Enfin il a une de ses sœurs qui a épousé un libéral.
MADAME DE LURCY.
Mais cette sœur a conservé de très-bonnes opinions.
MADAME DE YERNANT.
C'est un jeu. Dans toutes les familles on ne voit que cela à présent. Si le mari pense d'une façon, la femme pense d'une autre , ou bien la fille , ou bien le gendre. Ce sont des sûretés en cas d'événeiîiens, afin de trouverdes protecteurs dans toutes les chances possibles.
MADAME DE LURCY.
Dans tous les cas, cela ne regarderait pas monsieur Bignardin.
MADAME DE YERNANT.
Hé! laissons là monsieur Bignardin. Sans doute vous n'espérez pas que nous fassions l'éloge d'un homme qui nous a }oué un tour pareil ?
MADAME DE LURCY.
Au moins ne devriez-vous pas oublier que vous l'estimiez as^ez pour désirer en faire ^votre neveu.
(Elle son.)