MADAME DÉ LURCY, AUGUSTINE
MADAMB DE LURCY. «
J'aime ce monsieur Bignardin; c'est encore de la vieille roche.
AUGUSTINE
Vous, plaisantez.
Non , vraiment.
^ AUGUSTJNE.
Alors c'est que je conçois autrement les hommes de la vieille roche. Je les croyais moins adroits.
MADAME DE ][.WCY. . .
Monsieur Bignardin est incapable de ruse; et la
»» LES EUSGTMNS.
preuTe^ c'est qu'il n'a rien compris à la petite guerre que vous lui feistez , méchante que vous êtes.
AUGUSTIVE.
Dites qu*Tl Ta éludée.
* MADAHE DE LTJKCV.
Vous lui en voulez d'être plus heureux que Yotre onde.
' ÂU6T3STINB. '
Si vous saviez le cas que je fais de ce bonheur-là! Mon oncle ne se soucie d'être élu qme parce que la mode est aux élections ; une fois cette idée entrée dans la tête, on ne veut pas «n avoir lé démenti; et on est souvent bien embarrassé le jour où l'on a réussi.
MADABIE DE LURGY.
Quand on a des opinioiis bien arrêtées, cependant....
* AUGUSTINE
Sans doute; mais est-ce monsieur Bignardin quia de ces opinions-là? Son caractère établi est démettre du mystère à tout pour paraître mieux instruit que personne y et n'être obligé de s'expliquer sur rien; c'est une idole qui ne rend ses oracles que par signes. On peut lui trouver du mérite, mais moi je le trouve fort ennuyeux.
KADABIE DE LURGY.
C'iest franc. Ainsi vous ne lui tenez aucun compte du sacrifice qu'il est prêt à faire de sa tranquillité et de ses habitudes au maintien des saines doctrines et au bonheur de l'État ? • I
MKNE XIII. HS
AliiGUSTIlfE.
Peut-on savoir ce cpi'il fera?
MADAME DE IJCIRCY.
Je le maintiens incorruptible.
ATJCWSTINE.
Jusqu'ici je ne vois pas- qui aurait eu intérêt à le tenter.
MADAME DE LURCY.
Il n^abandonnera jamais les siens.
• AUGUSTITÏE.
Il y a tant de manières aujourd'hui de ne pas abandonner le& siens en se rapprochant cependant des autres!
OÙ ave^-vous donc appris la politique , mon enfant? '
AUGUSTINE
Ce n'est pas de la politique, c'est ce qui se passe tous lesj'ours.