‹ Proverbes dramatiques (volume 3)Chapitre 181 sur 249 · M. DE BX7ATRY · texte numérisé non relu

M. DE BX7ATRY

Si fait.

MADAME DE BUATRY.

ce Ah ! c'est toi, Frontin? »

LE CHEVALIER

a Hélas ! oui , ma chère Lisette, et qui suis bien a malheureux. »

MADAME DE BUATRY.

a Un Frontin malheureux ! »

LE CHEVALIER

a J'ai /eu la faiblesse de m'identifier tellement <c avec mon maître, que je souffre autant que lui «c de ses peines. »

MADAME DE BJJATRY.

« C'est touchant. Et de quoi souffre ton maître? »

LE CHEVALIER

« Ah ! Lisette , un amour sans espoin »

MADAME DE BUATRY.

a Sans espoir! le pauvre jeune homme ! Mais il doit ce trouver cela bien nouveau ; car, autant que je puis ce le connaître, il ne se désespère pas facilement. »

LE CHEVALIEB.

« Ainsi vous le croyez avantageux ? »

M. DE BUATRY, le reprenant.

Tu le crois.

LE CHEVALIER

a Ainsi tu le crois avantageux ? »

MADAME DE BUATRY.

ce Tous les hommes le sont, et ce n'est pas ton « maître qui ferait exception. »

3i$4 LA SCENE DOUBLE.

LE GHETALIER.

et Et si je vous disais.... »

M. DE BUÀTRY , Is reprenant.

£t si je te disais.

LE CHEVALIER

a Et si je te disais que , tout léger qu'il paraît,* a mon maître nourrit dans son cœur le sentiment « le plus tendre, l'amour le plus respectueux? »

MADAME DE BUATRY.

« Je ne te croirais pas. Les hommes n'aiment plus « comme cela depuis long-temps. »

LE CHEVALIER

« Et comment crois^tu donc qu'ils aiment ? »

MADAME DE BUATRY.

« Il n'aiment que pour tromper. »

M. DE BUATRY.

Très-bien.

LE CHEVALIER

« Vous êtes bien injuste , Lisette. »

MADAME DE BUATRY.

a Mais où veux-tu en venir , et en quoi les amours « de ton maître me regardent-ils ? »

M. DE BUATRY.

A la bonne heure donc. Je trouvais que vous sortiez furieusement de votre sujet.

MADAME DE BUATRY.

a Ce n'est pas de moi qu'il est amoureux. »

LE CHEVALIER

«Tu peux lui rendre au moins un grand service, »

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