M. DE BX7ATRY
Si fait.
MADAME DE BUATRY.
ce Ah ! c'est toi, Frontin? »
LE CHEVALIER
a Hélas ! oui , ma chère Lisette, et qui suis bien a malheureux. »
MADAME DE BUATRY.
a Un Frontin malheureux ! »
LE CHEVALIER
a J'ai /eu la faiblesse de m'identifier tellement <c avec mon maître, que je souffre autant que lui «c de ses peines. »
MADAME DE BJJATRY.
« C'est touchant. Et de quoi souffre ton maître? »
LE CHEVALIER
« Ah ! Lisette , un amour sans espoin »
MADAME DE BUATRY.
a Sans espoir! le pauvre jeune homme ! Mais il doit ce trouver cela bien nouveau ; car, autant que je puis ce le connaître, il ne se désespère pas facilement. »
LE CHEVALIEB.
« Ainsi vous le croyez avantageux ? »
M. DE BUATRY, le reprenant.
Tu le crois.
LE CHEVALIER
a Ainsi tu le crois avantageux ? »
MADAME DE BUATRY.
ce Tous les hommes le sont, et ce n'est pas ton « maître qui ferait exception. »
3i$4 LA SCENE DOUBLE.
LE GHETALIER.
et Et si je vous disais.... »
M. DE BUÀTRY , Is reprenant.
£t si je te disais.
LE CHEVALIER
a Et si je te disais que , tout léger qu'il paraît,* a mon maître nourrit dans son cœur le sentiment « le plus tendre, l'amour le plus respectueux? »
MADAME DE BUATRY.
« Je ne te croirais pas. Les hommes n'aiment plus « comme cela depuis long-temps. »
LE CHEVALIER
« Et comment crois^tu donc qu'ils aiment ? »
MADAME DE BUATRY.
« Il n'aiment que pour tromper. »
M. DE BUATRY.
Très-bien.
LE CHEVALIER
« Vous êtes bien injuste , Lisette. »
MADAME DE BUATRY.
a Mais où veux-tu en venir , et en quoi les amours « de ton maître me regardent-ils ? »
M. DE BUATRY.
A la bonne heure donc. Je trouvais que vous sortiez furieusement de votre sujet.
MADAME DE BUATRY.
a Ce n'est pas de moi qu'il est amoureux. »
LE CHEVALIER
«Tu peux lui rendre au moins un grand service, »