‹ Proverbes dramatiques (volume 3)Chapitre 21 sur 249 · M LA MANIE DES PROVERBES · texte numérisé non relu

M LA MANIE DES PROVERBES

Il n'y a pas de doute à cela ; mais enfin ces vers sont-ils longs y sont-ils courts?

AUGUSTE

Qu'entendez-vou% ?

Y en a-t-il peu ou beaucoup ?

AUGUSTE

S'ils sont mauvais, il y en a beaucoup; mais s'ils sont bons , il n'y en a pas assez , car on n'a jamais trop de bons vers.

M. Df SOLANGES.

Mais encore, combien y en a-t-il?

AUGUSTE

Peut-être quatre à cinq cents; je ne les ai pas comptés,

Quatre à cinq cents ! mais il vous faudra au moins une grande demi-heure.

AUGUSTE

Avec les applaudissemens qui interrompent toujours , il y en aura pour une heure.

Ii. K SOLANGES.

Cela fêta oublier le proverbe. ,

AUGUSTE

£h bien j monsieur , si cela fait oublier le proverbe, ce sera la preuve que mes vers inspireront de l'intérêt.

BCtam VI. 37

M. DE SOLÂNGES.

De Tintérét! de Tintérét! oui; mais s'ils sont mauvais?

AUGUSTE

Ils inspireront de l'ennui. C'est pour le savoir que je veux les lire j et c'est pour les lire sans apparat que je veux que vous les placiez dans vos proverbes. Je ne sortirai pas de là , d'abord y quelque objection que vous puissiez me faire.

H. DE VOLMAR

Dites que nous n'avons pas de tête dans notre famille.

M. DE SOLAHGES.

Allons f messieurs y je vois bien qu'il faut se rendre. Je verrai à arranger cela.

AUGUSTE

J'étais bien sûr que vous trouveriez quelque moyen. Mais surtout pas de rôle ^ c'est ma condition; pas de costume, pas de rouge; rien qui sente l'acteur ni la prétention. Vous m'entendez? Soyez sûr que je ne vous ferai pas de honte, et que même je pourrai vous donner du relief.

Vous me permettrez au moins d'avertir l'auditoire ?

AUGUSTÇ.

Pourquoi avertir?

Vous ne voulez pas même que j'avertisse ?

AUGUSTE

J'aurais mieux aimé que l'on fût surpris.

38 LA MANi;E.Bi9»lfieVERBES.

M. IXB S0LA1S6ES.

Gda pourrait foire un mauvais effet.

AUGUSTE

Eh bien y qu'est-ce donc que vous leur direz?

Je ne sais pas encore , mais je verrai.

AUGUSTE

Dites-leur ce qui est^ que j'ai foit des vers, et que je veux les lire.

Vous tranchez la difficulté; je leur dirai cela.

AUGUSTE

Tous ne voulez pas en entendre un échantillon?

Non, non.

AUGUSTE

C'est ^bien; je comprends. Vous êtes occupé, et vous ne pourriez pas me prêter toute votre attention. Je vous laisse : adieu. Il y a deux morceaux surtout qui sont sublimes.

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