‹ Proverbes dramatiques (volume 3)Chapitre 33 sur 249 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

LES PRÉGÉDEirS, M. FILLifiS.

M. FILLARS.

Bonsoir, madame Mairet; mademoiselle Sophie, je suis votre serviteur.

SOPHIE

Votre servante , monsieur Fillars.

M. FIILARS.

Eh bien, mesdames, qu'est-ce qu'on dit de neuf?

SOPHIE

Cestà vous qu'il faut le demander, car vous êtes une vraie gazette.

M. FItLAKS.

Depuis quelque temps je ne vais plus nulle part.

BUDAME MAIRET.

Vous?

M. RLIiARS.

Le monde m'ennuie il périr.

SOKilE.

En voilà du nouveau, vous qui en demandiez.

MADAME MAIRET. i

Vous allez pourtant dans la première société.

M. FILLARS.

Certainement; mais depuis peu ils ont tous pris un ton , des manières insupportables. C'est à n'y pas tenir. La receveuse, l'autre jour, ne s'e3t-elle pas

avisée de me regarder du haut de sa grandeur; la receveuse , qui était si eontente de venir dîner chez moi avec son mari^ lorsqu'ils sont arrivé^ ici ! Ils sont riches maintenant^ ils ont un carrosse; ils ont oublié cela.

MADÂMSI MAIRET.

Elle paie bien , el fait beauçmip de dépense.

M. FILLARS.

D'abord , toutes les femmes de receveur aiment les chiffeos. Elle paie bien... le beau mérite ! Il vaudrait bien mieux qu^eMe ne pstyàt pas bi)en ^ avec des places aussi lucratives ! A pK>pos , save^vous ce que monsieur Gaulot est allé faire à Paris ? On dit qu'on lui retire sa direction.

MADIMB M AIRBT.

Monsieur Gauiot! qu'est-ce donc qu'il a fiait? C'est im si brave homme ; ce sont de si bonnes gens dans cette famiUe-lày en général!

M. FILLARS.

Bah! bah! il y a dix ans qu'ils ont cette direction; chacun son tour.

MADAME MATRET.

Vous ne demandez que plaie et bosse , vous.

SOPHIE

Je parie que je sais qu'est-ce qui fait retirer la place à monsieur Gaulot.

M. FILLARâ.

Contez -moi donc cela.

SOPHIE

C'cét madame du Renay, j'en suis sûre.

60 LE MARIAi&E MANQUÉ.

M. FILLARS,

Elle en est bien capable.

SOPHIE

On dit qu'elle et madame Gaulot ne pouvaient se souffrir.

MADAME MAIRST.

Je mettrais ma main au feu que madame Gaulot n'a jamais détesté personne.

M. fillÂrs.

Mauvaise habitude que vous avez là, madame^Mairet ; il ne faut jamais se prêter de mettre sa main au feu pour qui que ce soit. Eèi bien , mademoiselle Sophie?...

SOPHIE

Eh bien , madame.du Renay, qui a de grandes protections à Paris pour faire destituer qui elle veut, les. aura employées contre madame Gaulot.

Ce ne sont que des suppositions.

M. FILLARS.

Qui sont très-vraisemblables.

SOPHIE

Madame du Renay s'en est vantée.

M. FILLARS.

Elle est si avantageuse-

MADAME MAIRET

Le bel avantage de passer pour méchante!

M. FILLARS.

Oui, oui, cela fait respecter.

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