‹ Proverbes dramatiques (volume 3)Chapitre 65 sur 249 · CE1IE IV. ÎM · texte numérisé non relu

CE1IE IV. ÎM

^ VICTOR

Est-ce que vous m'en^ voulez cKayDir gardé oette devise? ' »

MADAME SORBET

Est-ce que j'ai j^im^is eu en vouloir à personne ?

VICTOR. 4

Vous avez un si bon cœur.

'* • . ' "MADAME SORBET

On ne peut pas dire que je sois méchanle. * •

VICTOR

Oh ! certainement non. On ne croirait j^ais que vous ayez mal passé la nuit. C'est étonnant comme vous étes,fraîche ce matin. "V ' «

MADAME SORBET

J'ai mis un peu de rouge. '\

VICTOR

Mais vos yeux sont d'un vif..... ^

MADAME. SORBfiT.

Je serais mourante qu'ils auraient le même éclat.

vkîtob;. .

Je ne vois pas de femme qui se mette mieux que vous.

* MADAME SORBET

J'ai assez de goùtr

Dites-moi donc, madame Sorbet, quand voulezvous que nous terminions ?

MADAME SORBET, avec humeur.

- Je VOUS ai dit que je n'en savais rien.

i56 MAB^^HE SORBET.

VICTOR

C'est une dé&ili^. ,

t , MADAME SORBET.

Qiifiappele3&-vaus une défaite ?

VICTOR

Si vojis le vouliez , vous le sauriez bien.

MADAME SORBET, à part.

Qu'il est tourmentaiit !

VICTOR

V&U3 ne voulez pas me répondre ? »

.■ MADAME 90t(Be.T.

Non.

* * VICTOR

Mais,.vous avez itne raison?

MADAJIE SORBET.

Voulez-vous la savoir la raison ?

• • VICTOR

Oui.

Eh bien ! c'est que je ne veux pas unir mon sort à un homme sans conduite, et qui met à la loterie.

VICTOR

A la loterie l Je n'y ai mis que deux fois, et c'était avec vous. Yous ne me croyez pas? Demandez à Jc^éphine et à François ; vous verr^ plutôt.

MADAME SORBET

A i-je besoin du témoignage de ces gens-là? Voilà de plaisantes cautions. Terminons, je vous prie, un entretien qui ne me convient nullement.

TKrroR.

Oh ! çà, mais vous vous amusez à- coup sûr. Écoutez donc, madame Sorbet, je ne spis pas un imbécile non plus. Il me semy e qu'entre nous nous pouvons tout nous dire. Et certainement.*....

MADAME SORBET

Taisez-vous^ Victor, taisez-vous. Je ne suis déjà que trop victime de vos mauvais propos. Je sais combien peu vous me ménagez dans le quartier, et les jolies histoires que vous faites sur mon compte; mais sachez que je me mets au-dessus des langues , que je ' les znéprise , ef qu'^es ne changeront rien à n^ conduite.,

VICTOB.

Quelles histoires, quels propos ai-je j^aniais ^its sur vous ? Je fais votre éloge à tout le monde ; j.e n'ouvre la t)ou<:;bo que pour vous louer. Quel bénéfice aurais- je à décrier une femme qui tôt ou tard doit être la mienne ? Je vous le demande un peu. Ne me ti»urmentez pas comme vous le faites. Avouez plutôt ^e c?est un biais que vous avez voulu prendre.

MADAME SORBET

Un biais ! • ** .

VICTOR

Ne vous fâches pas , madame Sorbet ; songez seulement que j'ai 'vingt-trois ans , que je vous aime ,. et qu'enfin je ne suis pas de pierre. Prenez du temps , mais que ce soit sur.

MADAME SORBET

Comme vous me pressez!

m * MADAME SQRIIET.^ ^

VÏCTORe

Ub mois. Deux mois.

MAJOAME SORBETw

ft

Dites donc un an.

O ciel ! un an !

MADAME SORBET

' Il me faut bien cela pour terminer ma liquidation.

VICTOR" '

Mais au moins vous ne changerez plus d'idée ?

MADAME SORBET. *'

Qiie voulez-vous dire? Frétendez-vojus. me feîre violence ? '

. Non y madame Sorbet. Vous dites donc six mois ?

< MADAME S0RBET.

J'ai dit deux ans ; ne me faites pa^ parler.

VICTOR

Foi d'honnête homme ! vous avez dit un an.

• .* MADAME SORBET

Un an, soit, mais c'est à condition que d'ici là vous ne me parlerez de rien , et que vous me laisserez en repos.

VICTOR

Oyi, madame Sorbet, oui, je vous le promet^. Je ne vous parlera^i de rien. Mais vous ne m'empêcherez pas de compter les jours, les heures, les minutes. Vous verrez quelle tournure je vais donner à ce café; je veux en faire le plus beau de Paris.

SGEKE IV.

MADAME SORBET

C^est bon.

Voulez- v0i|5 prendre quelque chose ? Voulez-vous déjeûner?

MADAME «ORBET.

Je ne tsais pa&

tiCTOK.

Vous ne. resterçz pas à jeun jusqu'au dîner.

MADAME SORBET

Je ne suis pas bien portûiitç.

VlfcTOR.

Si vous preniez une baïKiroise au chocolat ?

MADAME SO&BET

Ah ! quelle horreur ! . *

VICTOR. '

Du café à la cçême? . *

Fi donc !

Du thé?

MADAME SQ91BÎ;T.

VICTOR

* Mia>AAfE SORBET. 9

Non; faites-moi plutôt avoir du jgmboïi.

VICTOR

Du jambon ! O ciel ! il n'y a rien de plus indi- • geste.

MADAME SORBET

Alors ne m'en feites pas avoir. Vbusrêtes singulier. Vous me demandez ce que je veux, je vous le dis, et

vous ne voulez pas me le donner Je ne vous con-^

cois pas.

140 MADAME SORBET

VIOTOR.

Je vais en envoyer chercher , madame Sorbet.

MADAME SORBET

Et, en vous^n allant, fermez la porte du labora-^ toire. Il Vient de ce côté une odeur de limonade qui me donne des Qausées.

VICTOR, Il fut.

Je ne tiendrai jamai» rien avec cette femme-là. Elle devient plus bégueule de jour en jolir. OHorimen! sans toi je suis perdu.

MADAMS S9RBKT.

Allez donc. ^

VICTOR

J'y vais, madame Sorbet C'est que je ne puis pas vous quitter. Donnez-moi donc votre main.

Y pensez-vous? . '

VICTOÇ.

- • Personne ne peut nous voir. (iiiui'pMaâiaiii«^nqa*ii]Hiise.)

MADAME SORBET

Finissez donc , enfant.

(Victor t'en va. )

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