SCENE Xlï. i
toucher, nous émouvoir, et vous n'avez pas l'air de penser un mot de ce que vous dites. »
LÉON
Je suis d'accord avec vous.
M. PARTOUT
Le malheur du goût qui te domine, c'est de travestir tout en imitation de théâtre.
LÉON
Au contraire; il n'y a personne plus souvent dupe que moi. Pour peu que le ton soit approprié aux paroles , je crois aux maris qui adorent leur femme, aux pères qui n'amassent de fortune que pour leurs enfans, aux gens qui seraient bien fâchés d'avoir des places. Que de fois j'ai admiré le .désintéressement qui brille à la tribune, et cette noble fierté qui dédaigne de répondre à des accusations embarrassantes ! Estce là voir de la comédie partout?
C'est faire de mauvaises plaisanteries sur tout. Tiens, laisse-moi, j'ai à travailler, et tu brouilles toutes mes idées.
LEON , d'un air pénétré.
Dès que vous me renvoyez, mon oncle...
M. PA.RTOUT.
Je ne te renvoie pas ; nous dînerons ensemble ; mais j'ai une oraison fuuèbre à composer, et tu
i86 TOUS LES COMÉDIENS, etc.
finirais par m'ôter toute la fraîcheur de mon imagination. Reviens à cinq heures.
LÉOIV.
Oui , mon oncle. ( A part ea s'en allant.) VoUS ne
travaillerez pas long-temps.