HÉLÈNE, MAURICE
HIÊLÈNE.
Tout marche si vite, que je n'ai pas le temps de réfléchir.
MAURICE
C'est ainsi qu'il faut faire les folies.
HÉLÈNE
Je ne veux pas être témoin de l'entreprise de monsieur Edouard.
MAHRICE.
Ce sera lui qui en décidera.
Vous me paraissez d'une grande confiance.
MAURICE
J'ai tant besoin d'espérer !
HÉLÈNE
Votre cousin a-t-il déjà tenté quelque chose de pareil ? Y a-t-il réussi ? Vos jeunes gens de Paris sont si avantageux ! Ils se croient si supérieurs aux provinciaux ; aussitôt passés la barrière, ils s'imaginent n'avoir plus affaire qu'à des Pourceaugnac. Quelque crédule que soit tna. III. a5
354 LA CURE MERVEILLEUSE, tante, si on ne lui rend pas Cadichon bien portant, je doute qu'on puisse la faire changer de sentimens.
MAURICE
Edouard n'est pas seulement un jeune homme de Paris, c'est un jeune homme des premières sociétés de Paris. Le grand monde est l'école où il va puiser ses leçons ; c'est au milieu des charlatans le plus en vogue qu'il cherche à se former. Admis dans la confidence de ce qu'on appelle les grandes affaires, il y apprend l'art des mystifications sérieuses. Pour moi , qui le connais , je ne doute pas que, Cadichon fût-il mort, il ne parvînt à persuader à votre tante que Cadichon est vivant.